Adieu les traqueurs : regardez des chats obèses sans donner votre âme à publicitaires
Le Courrier de l'Oignon a testé le grand nettoyage d'automne des internautes fatigués des pistes publicitaires. Voici comment admirer des gifs de chatons sans que trente-et-un traqueurs ne mémorisent votre pointure.

Avis aux âmes sensibles qui sursautent dès qu'une bannière publicitaire clignote un peu trop fort : nous avons trouvé votre nouveau paradis numérique. L'outil s'appelle rimgo, et il se présente modestement comme une interface alternative pour le géant du partage d'images Imgur. Oubliez les scripts lourds, les injonctions à installer une application mobile dont personne ne veut, et surtout, ces délicieuses petites friandises numériques que sont les cookies de traçage. Le site se contente de faire transiter le contenu d'une manière si épurée qu'on croirait feuilleter un catalogue de quincaillerie édité en 1998.
La page d'accueil d'une instance de ce petit prodige open source annonce la couleur avec une franchise réjouissante : pas de collecte de données, pas de JavaScript superflu et une légèreté qui ridiculise les standards du Web moderne. D'après leurs comparatifs, le temps d'interaction passe de l'angoisse pure à une fraction de seconde, là où le site original semble parfois décider de faire une sieste avant d'afficher le moindre pixel. En gros, c'est l'équivalent numérique d'un double vitrage phonique posé en plein milieu d'une autoroute.
Évidemment, la chose ne prétend pas réinventer la roue ou percer les grands mystères de l'univers. Elle se contente de proxyfier sagement ce qui existe déjà, offrant aux adeptes de la vie privée un moyen de contempler des infographies ou des mèmes sans laisser traîner leur empreinte digitale à chaque coin de rue. On apprécie l'effort chirurgical, le tout hébergé sous des cieux polonais bienveillants et sans la moindre once de prétention métaphysique.
Alors, la prochaine fois que vous voudrez perdre trois heures de votre précieux temps à regarder des ratés mémorables en boucle, faites-le au moins avec la dignité d'un protocole qui respecte votre bande passante. Le Courrier de l'Oignon salue cette sobriété exemplaire, qui prouve qu'Internet peut encore être un endroit où l'on respire un grand coup, loin du vacarme publicitaire habituel.


