Archéologie de comptoir et grimoires numériques : plongeon dans l’Inde de 1892
Le Courrier de l'Oignon a fouillé les tréfonds de la bibliothèque numérique pour dénicher un pavé archéologique de 1892. Une lecture passionnante pour tous les insomniaques férus d'épigraphie indienne.

Amis de la poussière et des vieilles pierres, réjouissez-vous ! Nos pérégrinations à travers les miroirs de réseau nous ont menés face à un véritable monument littéraire et historique : le volume 2 de l’« Epigraphia Indica », édité par le infatigable Jas Burgess et publié en l'an de grâce 1892. Oubliez les thrillers haletants et les tutoriels de tricot sur le dark web, ici nous parlons de lourdes dalles gravées et de linguistique ancienne numérisées avec amour par la vénérable bibliothèque numérique de l’Inde.
La page, hébergée sur les grands serveurs d'archives que l'on ne présente plus, respire la nostalgie des métadonnées bien rangées et des fichiers PDF de plusieurs gigaoctets. Avec ses 612 pages au compteur, ce recueil s'adresse clairement à celles et ceux dont le week-end idéal consiste à déchiffrer des inscriptions brahmi en sirotant une tisane tiède. La mention du centre de scannage à Kolkata et les détails techniques sur les formats OCR nous rappellent que même les vieilles pierres ont droit à leur conversion numérique.
Ce qui rend cette découverte particulièrement savoureuse, c'est le contraste entre la modernité absolue du canal d'acheminement et le contenu archaïque absolu de l'ouvrage. On y croise des rapports d'archéologie méticuleux, des relevés d'inscriptions et toute une collection de données géographiques et historiques de l'ère coloniale. Bref, de quoi briller en société lors de votre prochain dîner mondain, en expliquant par exemple comment on classait les fragments de stèles à la fin du XIXe siècle.
Bien entendu, le lecteur distrait passera rapidement son chemin face à cette avalanche de termes techniques et de classifications de bibliothèques. Mais pour le curieux pince-sans-rire, c’est une magnifique capsule temporelle qui prouve que l'Internet profond sait aussi se faire l'écho de la plus pure érudition. Nul besoin de chercher des conspirations extraterrestres quand on peut contempler la fascinante beauté administrative d'un rapport archéologique victorien.


