Bienvenue au Catto Garden : quand les chats partagent le serveur
Une petite communauté de félins et d'humains s'est installée sur un serveur partagé accessible par tous les recoins du Web. Un havre numérique où l'on discute via des protocoles d'un autre âge.

Dans les profondeurs feutrées du réseau Tor, là où l'on croise habituellement des théoriciens du complot un brin fatigués et des collectionneurs de fichiers introuvables, se niche une initiative pour le moins surprenante : le Catto Garden. Selon les déclarations officielles affichées sur leur page d'accueil, cet espace se définit modestement comme une petite communauté composée de chats et de personnes bienveillantes qui mettent en commun un serveur et quelques services en ligne. Ne cherchez pas ici d'algorithmes publicitaires agressifs ou de start-up dopée au capital-risque, il s'agit simplement d'un bon vieux ordinateur partagé entre passionnés.
Ce qui distingue particulièrement ce jardin virtuel, c'est son amour immodéré pour la rétro-compatibilité et la discrétion technique. Loin de se contenter d'une simple vitrine Web moderne, la communauté propose d'explorer son univers à travers une multitude de portes dérobées numériques. On peut ainsi y accéder via Tor bien sûr, mais aussi par I2P, le protocole Gemini ou encore l' vénérable réseau Gopher. Pour les irréductibles de la discussion instantanée, les présentations se font directement sur XMPP ou IRC, renouant avec l'âge d'or des salons de discussion où l'on prenait le temps de dire bonjour sans envoyer de GIF animé de trois mégaoctets.
Derrière ce vernis félin se cache une démarche artisanale assez rafraîchissante à l'heure des méga-plateformes centralisées. Les utilisateurs y disposent d'un accès tilde pour bricoler leurs propres pages, rédiger des carnets de bord et participer à la vie de cette micro-société numérique. Point de promesses révolutionnaires ni de discours technophiles grandiloquents : juste un petit bout de serveur maintenu en vie pour le plaisir de créer ensemble et de pendre la crémaillère entre félins connectés. Une curiosité numérique tout à fait inoffensive qui prouve que l'on peut encore s'amuser sur les réseaux obscurs sans y croiser le moindre agent secret.

