Bob Hope fait son cinéma sur l'Internet Archive version Tor
Quand le cinéma des années 40 s'invite discrètement sur le réseau des oignons, Bob Hope reprend du service pour notre plus grand divertissement. Une trouvaille patrimoniale tout ce qu'il y a de plus légal et poussiéreux.

Le Courrier de l'Oignon a parfois des lubies cinéphiles qui nous emmènent loin des sentiers battus de la fibre optique classique. En fouillant les recoins du réseau Tor à la recherche de curiosités inoffensives, nous sommes tombés nez à nez avec une relique du septième art, tout droit sortie des tiroirs de l'Internet Archive. Point de trafic louche ni de conspiration mondiale ici, mais une comédie de 1947 intitulée « My Favorite Brunette », mettant en vedette le redoutable duo formé par Bob Hope et la lumineuse Dorothy Lamour.
Ce film, versé dans le domaine public depuis des lustres, s'offre une cure de jouvence numérique sur un serveur miroir accessible en .onion. Les amateurs de vieilles bobines et de détectives maladroits peuvent ainsi admirer les talents comiques de Bob Hope dans un noir et blanc parfaitement conservé. La page propose d'ailleurs une ribambelle d'options de téléchargement, allant du simple fichier MPEG4 aux formats audio et sous-titres, prouvant que le rétro numérique sait se montrer prévenant avec les cinéphiles anonymes.
L'intérêt soudain pour cette comédie d'un autre siècle nous rappelle que le Web profond cache parfois de vastes bibliothèques culturelles plutôt que des repaires de super-vilains. Entre deux clics sur des moteurs de recherche alternatifs, visionner un classique de Paramount Pictures réalisé par Elliott Nugent procure un sentiment étrange, presque anachronique. On se prend à rêver d'un monde où la cinéphilie primerait toujours sur les basses œuvres.
Bien entendu, nous vous épargnerons les conseils d'achat ou les injonctions au téléchargement compulsif, le site se chargeant fort bien de distribuer ses 4,2 gigaoctets de joyeusetés sans notre aide. Si l'envie vous prend de savourer une comédie policière vieille de près de quatre-vingts ans à travers une connexion hautement cryptée, sachez que la vénérable institution du partage numérique veille au grain. Une preuve éclatante que la culture traverse les réseaux, même les plus tortueux.


