Charlotte Brontë et la pension fantôme : enquête sur une fausse richissime
Le Courrier de l'Oignon a fouillé les archives ténébreuses pour exhumer les derniers mots de Charlotte Brontë. Une plongée audio dans un pensionnat peuplé d'imposteurs et de mystères.

Amis des vieilles pierres et des mystères littéraires qui sentent le renfermé, réjouissez-vous ! Votre journal préféré a sorti sa loupe la plus puissante pour explorer les recoins les plus surannés du réseau Tor. C'est donc sur une page de la vénérable archive publique que nous sommes tombés nez à nez avec un véritable arlésienne littéraire : l'ultime manuscrit inachevé de Charlotte Brontë, intitulé « Emma : A Fragment of a Story ». Oui, l'autrice de Jane Eyre s'est éteinte en laissant derrière elle deux petits chapitres pleins de promesses interlopes et de fausses fortunes.
Le pitch, mes chers lecteurs, vaut son pesant de cacahuètes victoriennes. Imaginez une directrice de pensionnat pour jeunes filles tout ce qu'il y a de plus respectable, mademoiselle Mabel Wilcox, qui accueille un père prétendument richissime, monsieur Conway Fitzgibbon. Ce dernier lui confie sa frêle progéniture avant de disparaître dans la nature. Sauf que, coup de théâtre digne d'un mauvais polar de gare, l'enquête de voisinage révèle le pot aux roses : la famille Fitzgibbon n'existe tout simplement pas sur les registres du grand monde. La gamine serait donc une pseudo-héritière, une fausse riche égarée dans un monde trop grand pour elle !
Heureusement pour nos oreilles de journalistes cyniques, cette courte épopée gothique a été immortalisée par les bénévoles de LibriVox sous forme de livre audio gratuit. On y découvre une préface signée par le grand éditeur de l'époque, W. M. Thackeray, qui s'essuie presque les yeux en évoquant ce dernier croquis romanesque. L'œuvre s'arrête net au bout de deux chapitres, fauchée par le destin de l'autrice, avant d'être complétée plus tard par d'autres plumitifs un brin opportunistes.
Alors, faut-il tout lacher pour écouter ces quarante-trois minutes d'intrigues scolaires et de mystères d'usuriateurs ? Disons que c'est l'occasion idéale de briller en société en expliquant que même au XIXe siècle, on ne pouvait déjà plus faire confiance aux riches pères de famille qui déposent leurs enfants à l'internat du coin. En attendant notre prochaine plongée dans les limbes numériques, gardez l'œil ouvert et vos carnets de chèques bien fermés.


