Chronique d'un nœud de sortie Tor chez un hébergeur low-cost
Quand faire tourner 9 Gbps de trafic Tor sur un serveur discount vous vaut une lettre d'amour de la direction. Plongée dans les joies de l'hébergement web.

Le grand théâtre de l'internet cache parfois des drames dignes de Shakespeare, ou tout du moins de bons gros moments de solitude administrative. Sur le forum officiel du Projet Tor, un courageux opérateur de nœuds de sortie a récemment partagé son désarroi après s'être fait remercier par son hébergeur fétiche. La raison de cette rupture ? Avoir gentiment injecté jusqu'à 6,5 % de la bande passante totale des sorties du réseau mondial depuis des serveurs loués à bas coût.
Evidemment, l'histoire nous rappelle que les abonnements à prix cassés s'accompagnent souvent de petites surprises contractuelles. Notre opérateur s'est ainsi vu intimer l'ordre de plier bagage, le PDG de la société découvrant soudainement que le trafic chiffré ne consistait pas uniquement en des tutoriels de tricot en ligne. S'ensuit une comparaison audacieuse entre les hébergeurs web et les compagnies aériennes low-cost, où l'on comprend rapidement que vouloir payer le gigaoctet au prix d'une baguette de pain oblige à accepter un service client légèrement perfectible et des sysadmins un brin tatillons.
La communauté du forum, toujours prompte à réagir avec un sérieux papalesque, s'est empressée de documenter l'incident. Entre deux analyses de peering et des réflexions poussées sur la politique des fournisseurs d'accès, les membres ont rapidement mis à jour les listes officielles pour y ajouter le fautif dans la catégorie des prestataires à éviter. Une discussion passionnante sur la géopolitique des serveurs dédiés qui prouve, si besoin était, que faire tourner le web anonyme reste une aventure de haute voltige administrative.


