ConnecTOR : quand votre navigateur se prend pour le KGB
Encore une application de messagerie ultra-sécurisée qui promet de sauver votre vie privée depuis votre navigateur web. Avec ses 131 nœuds actifs et son infrastructure distribuée, elle fait passer votre discussion avec votre boulanger pour une mission hautement confidentielle.

Dans le vaste monde des paranoïaques du web, il y a ceux qui cachent leur webcam avec un post-it, et il y a les architectes de ConnecTOR. Ce projet propose une messagerie instantanée entièrement décentralisée et chiffrée de bout en bout, accessible directement depuis le navigateur. Pas de téléchargement, pas de mise à jour, et surtout, zéro installation. Une aubaine pour les allergiques aux boutons de mise à jour et aux boutiques d'applications.
Le site nous explique avec un sérieux papal que chaque message est chiffré localement avant même de quitter votre appareil. Les fragments de données voyagent ensuite à travers un réseau de 131 nœuds actifs, affichant un taux de disponibilité insolent de 99,98 %. On croirait lire le rapport d'activité d'une agence gouvernementale secrète, alors qu'il s'agit simplement d'échanger des recettes de cuisine ou de planifier l'apéro du vendredi sans que Gégé du marketing ne lise par-dessus votre épaule.
La philosophie des créateurs repose sur une défiance assumée envers les plateformes centralisées et leurs voraces collectes de données. Fini la télémétrie agressive et l'intégration permanente aux appareils : ici, on retourne à l'essence même du web minimaliste. On crée une identité, on ouvre une session et on discute en toute discrétion, avec un temps de latence moyen de 25 millisecondes qui ferait pâlir d'envie bon nombre de multinationales.
Reste à savoir si le monde avait réellement besoin d'un énième protocole de communication chiffré pour envoyer des messages du type « tu peux ramener du pain ? ». Quoi qu'il en soit, l'initiative a le mérite de proposer une interface propre, sans fioritures et résolument tournée vers la tranquillité d'esprit. Au Courrier de l'Oignon, on salue ce sens du détail technique, même si on se demande toujours si le chat du voisin fait partie des 131 nœuds du réseau.


