Debian Conf 4 : quand le logiciel libre danse la capoeira à 3h du mat'
En 2004, la Debian Conference a mixé confs techniques, ateliers de capoeira, dîner formel et séance d'entraînement au cosmonaute. Un programme équilibré entre logiciel libre et vie brésilienne.
En mai 2004, à Porto Alegre, la cinquième édition de la Debian Conference (DebConf4) s'est déroulée dans un lieu étonnamment complet : un centre de congrès avec piscines, terrains de football, galerie d'art et même un toboggan géant. Le programme, conservé dans une archive publique, révèle une communauté de développeurs de logiciel libre qui prenait sa vie au sérieux… mais pas trop.
Parmi les sessions techniques — Multi-arch, Debian-Edu, Configuration Management for Clusters — se glissaient des événements d'une audace sportive et culturelle inouïe. Le jeudi soir, au lieu d'une simple soirée networking, les participants pouvaient choisir entre un atelier de capoeira dans la salle de gym ou une danse en forró à 21h, depuis un bus stationné devant le lieu. Le vendredi, un dîner formel comprenait un « Speech from the throne » suivi d'un repas dans un restaurant, tandis que le samedi matin, une visite de Gramado et du parc Caracol était organisée.
Le dimanche, Kenshi Muto et Christian Perrier abordaient les défis techniques de l'internationalisation, tandis que Benj. Mako Hill présentaient le SPI. Mais c'est le lundi que le programme atteint son paroxysme : une session intitulée « Custom Debian Distributions are the last, ultimate step towards Total World Domination ! » présentée par Mako Hill et Enrico Zini, suivie d'un BOF sur l'arch, et d'une discussion sur les satellites amateurs animée par Bdale Garbee. Le mardi, on apprenait que l'on pouvait faire du vin à Wineary Valley, avant d'assister à une discussion sur l'éthique du bénévolat dans Debian par Biella Coleman.
Le lieu, le SESC, n'était pas qu'un simple centre de conférence : c'était un complexe complet, avec des terrains de sport, des barbecues (churrasco), une piste de danse pour 100 personnes, et même un toboggan pour enfants et adultes. Les organisateurs avaient tout anticipé : climatisation, parking, fax, cabs, vidéo, laverie, et même des salles de réunion pour 20 personnes. Les paiements se faisaient par Visa et MasterCard.
Ce qui frappe dans ce document, c'est l'ambition à la fois technique et humaine d'une communauté qui refusait de séparer le code de la culture. DebConf4 n'était pas seulement une conférence : c'était une expérience sociale, un mélange de rigueur technique, d'humour autodérisant et de vie collective. Un modèle oublié, où le logiciel libre se faisait festive, sportive, et parfois un peu cosmique.


