Disroot Bin : le bloc-notes qui s'autodétruit dans la joie et le mystère
Bienvenue sur le service de notes chiffrées qui promet que personne ne lira vos secrets, pas même le serveur. Une merveille de technologie pour échanger des listes de courses en toute paranoïa.

Dans les méandres labyrinthiques du réseau en oignon, il arrive parfois de tomber sur des outils d'une banalité affligeante, mais arborant une armure de chevalier médiéval. Prenez donc Disroot Bin, un service de bloc-notes en ligne qui utilise le vénérable logiciel libre PrivateBin pour chiffrer vos données directement dans votre navigateur grâce à un algorithme AES à 256 bits. Le serveur, dans sa grande mansuétude, ne sait absolument rien de ce que vous écrivez. Vous pouvez y rédiger votre poème préféré pour votre chat, le serveur l'ignorera royalement.
Ce qui rend l'expérience délicieusement théâtrale, c'est l'arsenal d'options disponible pour la moindre ligne de texte. Voulez-vous que votre message s'autodétruise après une seule lecture ? C'est possible grâce à l'option « Burn after reading ». Préférez-vous qu'il disparaisse dans les limbes numériques après cinq minutes ou un an ? Le menu déroulant vous offre l'embarras du choix. Le tout s'accompagne même d'une option pour générer un code QR, au cas où vous souhaiteriez flasher l'écran de votre ordinateur avec votre téléphone dans le plus grand des calmes.
Le site propose également un mode sombre pour les créatures nocturnes allergiques à la lumière blanche, ainsi qu'une impressionnante collection de traductions linguistiques allant de l'anglais au lojban. On apprécie particulièrement l'avertissement un brin taquin qui rappelle que le site utilise une connexion non sécurisée et qu'il ne faut l'utiliser que pour des tests, ce qui ajoute une petite touche d'aventure improvisée à la rédaction d'un simple brouillon.
Au final, ce genre de trouvaille nous rappelle que le Web conserve une place pour les outils utilitaires et minimalistes qui refusent de stocker nos moindres faits et gestes. Même si l'on y dépose souvent rien de plus palpitant qu'un lien vers une vidéo de chatons, le rituel du chiffrement militaire donne l'impression d'envoyer un message hautement stratégique aux services secrets intergalactiques.


