Du Poe en veux-tu en noir : quand les bénévoles s'en prennent à Edgar
Le réseau Tor cache parfois des frissons littéraires grâce à des bénévoles qui lisent Edgar Allan Poe à haute voix. Une aubaine pour les amateurs de naufrages et de spectres sans quitter son canapé.

Amateurs de macabre et de littérature poussiéreuse, réjouissez-vous ! Nos pérégrinations sur le réseau de l'oignon nous ont menés vers une archive sonore d'une importance capitale pour quiconque souhaite friser la crise d'angoisse auditive. Il s'agit ni plus ni moins du troisième volume de l'édition Raven des œuvres d'Edgar Allan Poe, gracieusement mis en boîte par la formidable armée de lecteurs bénévoles de LibriVox et hébergé sur les vénérables serveurs de l'Internet Archive.
Au programme de cette réjouissance auditive d'une durée de plus de onze heures, on retrouve le seul et unique roman complet de l'auteur, « Les Aventures d'Arthur Gordon Pym ». De quoi s'immerger pleinement dans des histoires de stows, de mutineries et de naufrages qui finissent généralement très mal pour tout le monde. La galette numérique propose également six nouvelles, dont les délicieuses « Ligeia » et « Morella », idéales pour meubler vos soirées pluvieuses ou faire fuir les visites imprévues de vos voisins.
Ce qui rend cette trouvaille particulièrement savoureuse, c'est l'engagement de ces voix anonymes prêtes à s'égosiller pour la postérité littéraire. La qualité des fichiers audio varie selon le micro du citoyen anonyme, offrant un charme rustique d'outre-tombe à des récits déjà bien plombés par la fatalité. C'est gratuit, c'est légal, et c'est la preuve irréfutable que le dark web sait aussi se montrer cultivé entre deux théories du complot sur les martiens.
Que vous choisissiez d'écouter les aventures maritimes en format M4B ou piste par piste en MP3, le frisson est garanti sans aucun effet secondaire numérique néfaste. Sauf peut-être l'envie soudaine de vous enfouir sous une couette en tremblant à l'écoute du moindre plancher qui craque. Allez, enfilez vos écouteurs et laissez les fantômes du XIXe siècle vous susurrer des douceurs morbides à l'oreille.


