Edward Lucas White, ou le maître oublié de l'horreur organique
Amateurs de frissons lettrés, réjouissez-vous : l'Internet Archive propose l'écoute gratuite d'un recueil de nouvelles étranges par un auteur autrefois admiré par H.P. Lovecraft. Une aubaine pour redécouvrir l'effroi à l'ancienne, sans quitter votre navigateur favori.

Le Courrier de l'Oignon fouille régulièrement les recoins les plus surprenants du réseau Tor et des miroirs de sauvegarde pour vous dénicher des pépites culturelles. Cette semaine, notre curiosité nous a menés vers une archive audio hébergée sur l'incontournable Internet Archive, consacrée à l'œuvre d'Edward Lucas White. Si ce nom ne vous évoque rien au-delà d'un croisement improbable entre un dentifrice et un philosophe du dimanche, sachez pourtant qu'il fut en son temps un auteur de fictions étranges hautement estimé par un certain Howard Phillips Lovecraft en personne. De quoi éveiller l'intérêt des chercheurs de trésors littéraires poussiéreux.
La page met en avant un enregistrement LibriVox lu en anglais par Ben Tucker, qui compile plusieurs nouvelles de cet artisan de l'angoisse victorienne et coloniale. Au programme de ces sept heures et demie d'écoute gratuite, on croise des ambiances de maisons hantées, des sagas islandaises autour de sabres mythiques et, surtout, la célèbre nouvelle éponyme « Lukundoo ». Cette dernière est connue pour offrir un final d'horreur corporelle d'une redoutable efficacité, capable de traumatiser les plus aguerris lors de leur pause tisane. L'auteur y excelle manifestement dans l'art de poser tranquillement ses décors avant de tirer brusquement sur la nappe pour dévoiler le monstre.
Ceux qui goûtent les plaisirs surannés de la littérature fantastique du début du XXe siècle trouveront donc ici largement de quoi nourrir leur insomnie. L'objet numérique se présente sous la forme d'une collection audio classique, flanquée de ses options de téléchargement multiples pour les irréductibles du MP3 et du FLAC. Nul besoin de pacte avec des forces occultes ni d'incantations en araméen : quelques clics suffisent pour s'immerger dans ces cauchemars d'antan. Une belle manière de constater que la peur, tout comme la bonne vieille phonographie, traverse les décennies sans prendre une seule ride.


