Entre Hölderlin et fruits de mer : plongée dans le journal d'un ermite
Entre poésie allemande et géopolitique des fruits de mer, le journal intime d'un reclus numérique se pose là.

Le Courrier de l'Oignon aime les confidences un brin décalées. Sur les bas-côtés du réseau Tor, on tombe parfois sur des cathédrales textuelles érigées par des solitaires. C'est le cas de ce site personnel, sorte de journal de bord philosophique où l'auteur, qui rejette en bloc les réseaux sociaux et la modernité, consigne ses épigrammes et ses humeurs.
L'internaute en question s'y présente en fervent lecteur de Friedrich Hölderlin, Gilles Deleuze et Novalis, tout en cultivant un mode de vie qu'il qualifie de wagnérien et solitaire. On y apprend comment il dispose minutieusement des cristaux, une pierre du Jura et un tesson de verre de la cathédrale de Canterbury autour de son clavier mécanique. La grande vie, version ascète connectable.
Mais la grande surprise de cette profession de foi nihiliste survient au détour d'un chapitre culinaire. L'auteur y exprime un mépris profond pour le poisson surgelé des supermarchés, qu'il juge « cringe », et voue un culte exclusif aux mérous vivants et aux omelettes aux huîtres de Fujian, qu'il déguste en voyage. Une exigence gastronomique tout à fait inattendue pour un ermite numérique.
Le site rappelle surtout que le Web profond cache parfois de véritables cabinets de curiosités psychologiques. Entre deux diatribes contre la décadence du monde moderne, l'ermite veille jalousement à interdire toute capture d'écran de ses précieux écrits. Promis, nous n'avons rien copié, nous avons juste pris des notes.

