F-Droid : Le bazar du logiciel libre qui résiste aux géants
Le célèbre catalogue d'applications Android entièrement open source fait de la résistance sur le réseau. Une oasis sans publicité où l'on vient chercher son autonomie numérique avec un sens aigu du catalogue.

Amis de la liberté numérique et des interfaces qui ne cherchent pas à vous vendre un abonnement à un club de gym virtuel, réjouissez-vous. Le Courrier de l'Oignon a réussi à dénicher une véritable curiosité sur les réseaux occultes : un magasin d'applications mobiles qui refuse catégoriquement les paillettes, les algorithmes de captation d'attention et les petits bonshommes en 3D qui s'agitent. Il s'agit de F-Droid, vénérable vénérable ancêtre et pilier du logiciel libre sous Android, qui continue de distribuer ses trésors à l'abri des regards indiscrets.
Fondé en 2010 par une poignée de bénévoles aux cheveux probablement mi-longs et aux t-shirts ornés de manchots, le projet expose fièrement sa philosophie sur un site web d'une sobriété clinique. Ici, point de comptes obligatoires ni de traçage sournois : on télécharge l'application, on pioche dans le catalogue et l'on repart sans un regard en arrière. Le texte nous apprend même que l'écosystème fait face aux menaces des géants de la tech avec la même énergie qu'un irréductible village gaulois face aux impôts romains, tout en proposant des ponts vers le Fediverse, Matrix et IRC pour les plus nostalgiques.
La lecture des pages de présentation offre un délicieux voyage dans le temps où la transparence n'est pas un argument marketing rédigé par un cabinet de conseil, mais une réalité vérifiable sur GitLab. On y découvre une liste impressionnante de contributeurs dont les noms s'égrènent comme le générique d'une vieille épopée open source. Bref, une halte salutaire pour quiconque souhaite transformer son smartphone en un outil un tantinet plus respectueux de sa vie privée, tout en profitant du charme suranné d'un web qui fonctionne encore avec des liens hypertextes bleus.
Alors certes, vous n'y trouverez pas le dernier jeu à la mode où l'on nourrit des licornes virtuelles en échange de vos données bancaires. En revanche, vous y croiserez des passionnés qui croient encore que le code source doit appartenir à tout le monde. Une curiosité parfaitement légale, instructive et diablement rafraîchissante à l'heure où chaque pixel présent sur Internet essaie de vous soutirer votre date de naissance.


