Fabriquez votre propre épouvantail philosophique anti-voisin sur le،réseau Tor
Le Courrier de l'Oignon a trouvé la parade absolue contre les importuns : concevoir un épouvantail conceptuel sur mesure. Une charmante leçon de bricolage sociétal tout droit sortie d'un autre âge.

Si vous pensiez que le réseau Tor servait uniquement à échanger des thèses cryptographiques ou à télécharger des images de chats sous stéroïdes, c'est que vous ignoriez l'existence des véritables enjeux de civilisation. Une page mystérieuse, nichée au creux des méandres oignonisés et supervisée par la corporation « Kshîch et Compagnie », vole au secours des citoyens excédés par le XXIe siècle. Son diagnostic est implacable : le développement de la société civile a tragiquement libéré la parole de quantité de gens mal informés qui se croient tout permis. Heureusement, la solution ancestrale du « jupel » – croisement spirituel entre le croquemitaine et l'épouvantail à moineaux – fait enfin son grand retour numérique.
Mais qu'est-ce donc qu'un jupel, me direz-vous ? En vieux slavon, le terme fleure bon le soufre, la poix bouillante et les supplices éternels. Appliqué à notre époque moderne, il se transforme en repoussoir conceptuel hautement sophistiqué. Le site propose ainsi de confectionner cet artéfact sans inscription préalable ni formation technique pour éloigner les fâcheux de votre domicile ou de votre boîte mail. S'il s'agit de contrer un importun sur Internet, l'artisan du dimanche est invité à lui expédier un jupel virtuel, ou plus simplement un lien bien senti. Une méthode de dissuasion passive qui rappelle les grandes heures du plâtre magique et des grigris de grand-mère.
Le menu du site ne fait d'ailleurs pas dans la dentelle œcuménique et décline l'art de l'épouvantail selon plusieurs sensibilités politiques. On y trouve des rubriques dédiées aux spécimens communistes, aux libéraux sous toutes leurs déclinaisons chiffrées de un à quatre, sans oublier un modèle universel pour parer à toute éventualité. Le tout est présenté avec un sérieux papal qui achève de rendre la démarche délicieusement absurde. Nul besoin de violence ni de piratage ici : tout repose sur la force évocatrice d'un épouvantail textuel brandi bien haut contre la bêtise ambiante. Le Courrier de l'Oignon salue cette initiative artisanale qui prouve que l'on peut toujours compter sur Internet pour réinventer des solutions d'un autre millénaire face aux petits tracas du quotidien.

