Faut-il craindre les commandos d'élite de l'onion en Russie ?
Un internaute s'angoisse sur le forum officiel de Tor à l'idée de voir la police débarquer chez lui. La communauté lui répond avec un mélange rassurant de pragmatisme et de cynisme bureaucratique.

Ah, les joies de la cyber-paranoïa ordinaire. Sur le forum officiel du Projet Tor, un utilisateur s'est récemment posé une question existentielle qui pèse lourd : risque-t-on l'assaut du GIGN local simplement pour avoir lancé un navigateur oignon entre deux tasses de thé ? Notre ami, inquiet des annonces gouvernementales et des rumeurs persistantes concernant la surveillance des contournements de censure, redoute que l'utilisation quotidienne de Tor ne fasse de lui la cible prioritaire des autorités. Après tout, un VPN, ça se revendique, mais Tor, avouons-le, ça fait tout de suite un peu agent secret sous couverture dans les esprits anxieux.
Heureusement, la communauté des irréductibles défenseurs de la vie privée a répondu présente pour administrer une bonne dose de calme et de réalisme. Entre deux conseils techniques sur l'utilisation des ponts de contournement, les contributeurs rappellent que le statut juridique de l'outil reste flou mais globalement toléré, dénué de toute interdiction explicite à l'heure actuelle. Mieux encore, un membre philosophe compare les grands projets de surveillance technologique promis pour l'horizon 2030 à la fameuse promesse d'une base lunaire soviétique : beaucoup de bruit, de grands plans sur la comète, et probablement pas grand-chose de concret à l'arrivée.
On apprend également avec réconfort que la Russie demeure l'un des pays comptant le plus fort contingent d'utilisateurs quotidiens de Tor, oscillant autour de soixante mille âmes connectées. Autant dire que si les forces de l'ordre devaient enfoncer la porte de chaque citoyen masquant son trafic, il faudrait réquisitionner l'intégralité du parc immobilier national pour y loger les détenus. Bref, les participants concluent sagement qu'il n'y a pas mort d'homme ni urgence à s'arracher les cheveux, tout en prodiguant quelques astuces pour éviter de crier trop fort sa présence sur les nœuds d'entrée. De quoi dormir sur ses deux oreilles, ou du moins, derrière un bon chiffrement.


