L'Armée de l'air classe Roswell : la version officielle débarque en douce
L'Armée de l'air américaine a sorti les archives de Roswell pour clore le débat une bonne fois pour toutes. Heureusement, Internet Archive veille sur ces précieux dossiers avec un flegme tout bureaucratique.

Chers lecteurs du Courrier de l'Oignon, sortez vos plus beaux chapeaux en aluminium et vos loupes de comptoir, car nous plongeons aujourd'hui dans les arcanes les plus officiels de la décennie. Notre radar à curiosités textuelles a repéré, dissimulé dans les méandres du réseau Tor, un hébergement tout ce qu'il y a de plus public : le fameux premier volume des « Roswell Reports », mis en ligne par la vénérable National Archives and Records Administration. De quoi satisfaire les amateurs de soucoupes volantes tout en leur infligeant une bonne dose de procédure militaire.
Ce film, écrit et produit par le capitaine James MacAndrew pour accompagner la publication de 1997 intitulée « The Roswell Report: Case Closed », est désormais accessible à tous les curieux. Point de petits hommes verts belliqueux ni de technologies extraterrestres révolutionnaires dans ces lignes, mais plutôt le grand spectacle de la papeterie administrative de l'U.S. Air Force. L'Office of the Secretary et ses sous-divisions s'y entrainent visiblement à éteindre les incendies médiatiques avec la grâce d'un camion de pompiers lancé dans un couloir étroit.
La source, généreusement mise à disposition grâce à une contribution de Public.Resource.Org, nous offre une vue imprenable sur la manière dont l'État fédéral gère le paranormal : en le rangeant méthodiquement dans des boîtes en carton. Avec une taille respectable de 1,3 gigaoctet, le dossier pèse son pesant de cacahuètes bureaucratiques. Les ufologues passionnés par les théories du complot inoffensives y trouveront sans doute de quoi alimenter leurs discussions nocturnes, tandis que les simples amateurs de comédie institutionnelle admireront la rigueur de la recherche de déclassification.
Alors, s'agit-il de la preuve ultime ou du chef-d'œuvre absolu de la langue de bois aéronautique ? Le mystère reste entier, mais au moins, vous savez désormais où trouver le certificat de décès officiel de nos chères petites soucoupes. Le Courrier de l'Oignon salue cette transparence administrative qui prouve, si besoin était, que la bureaucratie survit décidément à tout, même aux invasions extraterrestres.


