L'IA qui a quitté son Amiga pour aller jouer à Go sur Linux
Un vénérable programme de jeu de Go, conçu jadis pour les ordinateurs Amiga, s'offre une retraite paisible et portable sous Linux. Une relique numérique pleine de charme.

Le Courrier de l'Oignon plonge aujourd'hui dans les strates les plus inattendues du réseau avec une découverte qui ravira les nostalgiques des architectures informatiques d'antan. Dans les méandres d'un site personnel hébergé à l'oignon, on tombe nez à nez avec un spécimen rare : un joueur artificiel de Go baptisé AmiGoGtp. L'engin, rédigé en C et C++, porte la trace indélébile d'une autre époque, celle où les ordinateurs de la marque Commodore régnaient en maîtres dans le cœur des technophiles.
Selon les informations exhumées de cette page, le logiciel aurait été initialement écrit pour l'Amiga avant d'être rendu suffisamment portable pour s'exécuter sans broncher sur nos bons vieux systèmes Linux modernes. Il sert modestement de « maison-bot » et de premier étalon de mesure pour affronter de vaillants adversaires automatisés, après avoir notamment terrassé le redoutable RandomBot. Derrière ce projet se cache une longue frise chronologique de réalisations, allant de contributions à des navigateurs anti-surveillance à des moteurs 3D en Lisp, témoignant d'une obsession durable pour le code cisolé.
Ce genre de trouvaille nous rappelle que le Web profond cache parfois des musées vivants où dorment des programmes conçus par passion pure, loin des logiques industrielles actuelles. Voir un algorithme de jeu de plateau pensé pour un processeur Motorola 68k s'inviter sur des machines contemporaines a quelque chose de profondément réjouissant. C'est la preuve éclatante que les lignes de code ne meurent jamais vraiment, elles trouvent simplement de nouveaux abris où continuer à réfléchir en silence.
Alors que les intelligences artificielles actuelles consomment l'équivalent énergétique de petites villes pour deviner quel mot vient après un autre, notre vénérable AmiGoGtp continue sans doute de poser ses pierres virtuelles avec la rigueur d'un moine bouddhiste numérique. Le Courrier de l'Oignon salue cette obstination rétrograde et invite ses lectrices et lecteurs à méditer sur la beauté d'un programme qui a simplement décidé de survivre aux décennies sans demander l'avis de personne.


