La cathédrale du chaos de KDE et i3 sur openSUSE
Un blogueur technique détaille ses prouesses sur Linux, de la réduction de partitions XFS au mariage contre nature de KDE et i3. Une plongée rafraîchissante dans le bricolage informatique sans filtre.

Le Courrier de l'Oignon a parfois besoin de se nettoyer les neurones dans l'huile de moteur open source. C'est chose faite avec ce blog personnel sobrement intitulé « Etam Software », véritable ode au bonheur de bidouiller des systèmes d'exploitation jusqu'à ce qu'ils confessent leurs petits secrets. L'auteur y consigne ses exploits de survie numérique, comme faire tenir un domaine sur plusieurs serveurs ou redonner vie à un vénérable Nokia N900. On y apprend avec une pointe d'admiration que réduire une partition XFS sur LVM n'est plus un mythe terrifiant, mais une réalité palpable.
Mais le véritable chef-d'œuvre de ce site réside dans la section « À propos », où l'on découvre une configuration de bureau qui relève de la haute voltige psychologique. L'artisan des lieux utilise openSUSE au quotidien, armé d'un clavier ergonomique Kinesis Advantage 2 configuré en disposition Dvorak pour programmeurs. Jusqu'ici, tout va bien. Sauf que pour son environnement de bureau, il a décidé de marier le gestionnaire de fenêtres en tuiles i3 avec une session KDE, tout en désactivant le bureau Plasma et en masquant la barre des tâches dans un « scratchpad ». Résultat : il profite des tuiles d'i3 tout en sous-traitant les basses oeuvres de gestion multimédia et de raccourcis à KDE. C'est l'équivalent informatique d'un plat de spaghettis quantiques.
Le journalisme d'investigation oignonien salue également la transparence étymologique du propriétaire du site. Son pseudonyme, « Etam », provient d'un livre de fables polonais, tout en sonnant exactement comme l'interjection familière « e tam ! », qu'on pourrait traduire par un élégant « oh, tu plaisantes ». Quant à son avatar, il nous vient droit des vénérables bandes dessinées en ligne VG Cats, perpétuant ainsi une tradition du Web où les chats pixelisés veillent sur les serveurs comme des gargouilles bienveillantes.
Ce blog minimaliste, loin des grandes machines marketing de la tech, nous rappelle qu'un développeur seul dans son coin peut encore ériger des cathédrales logicielles aussi complexes qu'inutiles pour le commun des mortels. C'est beau, c'est gratuit, c'est parfaitement fonctionnel, et ça donne surtout très envie de tout casser sur sa propre machine pour tout réinstaller en i3.


