La caverne d'Ali Baba du logiciel libre s'installe discrètement en Bavière
Un serveur bavarois met sagement en boîte des montagnes de logiciels libres et de distributions Linux. Une véritable orgie de miroirs sans la moindre fioriture graphique.

Si vous pensiez que le réseau Tor ne servait qu'à abriter des sociétés secrètes aux rituels obscurs, détrompez-vous. On y trouve aussi d'éminents défenseurs du stockage de données qui perpétuent la grande tradition des répertoires FTP austères mais diablement utiles. Basé à Erlangen en Allemagne, ce serveur fait office de miroir géant pour tout ce que le monde open source compte de distributions Linux, d'archives et d'outils de développement. Point de design chatoyant ni de bannières publicitaires clignotantes ici : l'esthétique relève du pur Web 1.0, avec des listes textuelles et des dates de mise à jour soigneusement consignées.
La collection donne le vertige à n'importe quel administrateur système nostalgique. On y croise aussi bien des poids lourds comme Debian et Fedora que des projets plus pointus, à l'instar d'archives pour le système Amiga, des ensembles de logiciels pour Android ou encore des configurations pour routeurs. Chaque entrée s'accompagne d'une fréquence de rafraîchissement minutieuse, garantissant que les paquets restent bien au frais et à jour. Même le vénérable Kiwix y trouve une place de choix pour permettre de télécharger des pans entiers de connaissances hors ligne.
Ce déploiement de sobriété numérique rappelle qu'avant d'être un terrain de jeu pour théoriciens du complot, Internet pouvait simplement être une immense bibliothèque collaborative. Le serveur rappelle à qui veut l'entendre qu'il héberge des projets de grande envergure sans chercher à monétiser le moindre octet. Une initiative aussi salutaire qu'inattendue dans ce recoin du web, prouvant qu'on peut cultiver l'anonymat tout en restant extrêmement prévenant avec les amateurs de lignes de commande.


