La colline aux messages libres : plongée au cœur de Riseup
Quand une bande de geeks idéalistes se met en tête de sauver le monde à coups de serveurs chiffrés, le résultat décoiffe. Visite guidée dans la salle des machines de la célèbre kollekta.

Ah, le doux parfum de l'anonymat militant ! Sur les réseaux obscurs, on tombe parfois sur des projets qui prennent leur mission un tout petit peu trop au sérieux. Prenez Riseup, par exemple. Ce collectif basé à Seattle ne se contente pas de fournir de simples boîtes aux lettres électroniques : il ambitionne tout bonnement de détruire le capitalisme et de bâtir la révolution universelle, rien que ça, entre deux configurations de pare-feu et une mise à jour de routine.
Selon leur manifeste, point de journaux de connexion IP ni de fouille de messages pour cibler vos goûts en matière de chaussures ou de politique. La structure fonctionne sur une base d'autonomie et d'entraide mutuelle, refusant avec une énergie remarquable de se plier aux exigences des gouvernements curieux. On y apprend avec un frisson d'admiration (ou d'angoisse bureaucratique) que chaque octet stocké fait l'objet d'un chiffrage rigoureux, histoire de décourager le moindre curieux un peu trop zélé.
Bien sûr, on frôle parfois le vertige métaphysique en lisant leurs grands principes sur l'abolition des hiérarchies et la justice interespèces. Mais avouons que cela change agréablement des conditions générales de vente habituelles qui font la taille d'un roman de Tolstoï. Au Courrier de l'Oignon, nous saluons ces irréductibles qui préfèrent passer leurs soirées à sécuriser des listes de diffusion plutôt qu'à vendre nos données au plus offrant.


