La discothèque ambulante des catacombes du web
Un recueil minutieux de concerts de rock indie soigneusement archivés, sans autre artifice que l'amour du bon son. Une aubaine pour les mélomanes en quête de pépites live.

Dans les recoins obscurs du réseau oignon, là où l'on s'attend généralement à crouter de vieux grimoires cryptographiques ou des théories sur les chats martiens, on tombe parfois sur de la pure nostalgie auditive. Notre dernière trouvaille nous plonge directement dans la moiteur d'une salle de concert californienne, The Echo à Los Angeles, pour une session live du projet rock Bully enregistrée au printemps 2024. Le site propose l'intégralité du set, découpé piste par piste, avec une générosité qui forcerait presque le respect si elle n'était pas aussi totalement inattendue dans ce genre d'écosystème.
Ce qui fait tout le sel de cette page, c'est son attachement quasi obsessionnel au détail technique. On y apprend ainsi, non sans un certain amusement, que la formation bénéficiait ce soir-là d'un batteur et d'un guitariste différents de la tournée précédente, avec en prime une mention technique précisant que le kit de batterie sonnait nettement mieux. Le chroniqueur anonyme de cette archive sonore n'a pas non plus manqué de noter qu'Alicia Bognanno chantait directement dans sa guitare pour obtenir cet effet vocal si caractéristique sur le morceau « Days Move Slow ». De la haute précision journalistique musicale, version sous-sol du web.
L'ensemble est mis à disposition dans des formats allant du FLAC grand luxe pour audiophiles exigeants jusqu'au modeste MP3, complété par la setlist de la première partie signée Reckling. Le tout s'accompagne d'un avertissement bienveillant demandant de ne pas chercher à s'enrichir sur le dos des artistes. Bref, une halte musicale rafraîchissante et parfaitement inoffensive, qui prouve qu'on peut flâner sur le réseau Tor tout en révisant ses classiques du rock indépendant américain sans risquer d'y laisser ses illusions.


