La grande liste de la honte des sociétés privées sans Monero
Bienvenue dans le tribunal de la cryptomonnaie anonyme, où l'on distribue des bonnets d'âne aux géants de la tech qui boudent le Monero. Une inquisition numérique aussi pointilleuse qu'implacable.

Le Courrier de l'Oignon a plongé cette semaine dans les arcanes du forum Monero, là où la rigueur militante frôle parfois l'art performance. La discussion tourne autour d'un nouveau projet en ligne sobrement baptisé MoneroShameList, parrainé par un annuaire d'économie circulaire. Le principe ? Pointer du doigt, avec un sens de la dramaturgie administrative tout à fait remarquable, les entreprises de services numériques prônant la confidentialité mais refusant obstinément d'accepter cette fameuse cryptomonnaie. C'est un peu le carnet de correspondance des mauvais élèves de la vie privée.
Les échangistes du fil de discussion ne manquent pas de saluer cette nouvelle ressource tout en philosophant sur la portée de la honte numérique. Certains participants estiment que le but n'est pas forcément d'exclure définitivement les coupables, car la rédemption reste possible pour les égarés, à quelques cas désespérés près. L'occasion également de disserter longuement sur les choix technologiques d'autres acteurs du secteur, ou de déballer de douloureux souvenirs liés à la fermeture soudaine de comptes de messagerie cryptée, entraînant des péripéties vidéoludiques hautement dramatiques auprès du support client.
Entre deux considérations sur les plateformes d'échange et les pétitions en ligne demandant paradoxalement des vérifications d'identité, la communauté veille au grain. Car posséder des outils respectueux de la vie privée ne suffit plus : encore faut-il prêcher la bonne parole financière sous peine d'apparaître en lettres écarlates dans l'annuaire des impies. Le Courrier de l'Oignon salue cette magnifique dévotion bureaucratique, prouvant qu'Internet sait encore s'amuser avec des tableurs de réprobation morale.

