La grande transhumance caféinée de l'universitaire p4bl0
Fâché avec le capitalisme nord-américain des noms de domaine, un maître de conférences en informatique déménage sa paroisse numérique dans un décor couleur café. Une belle leçon de souveraineté sur fond de loufoquerie académique.

Sur le réseau Tor comme en surface, la bureaucratie du Web finit toujours par agacer les esprits libres. C'est le cas de Pablo Rauzy, enseignant-chercheur à l'Université Paris 8, qui pousse un coup de gueule historique contre les gestionnaires de noms de domaine traditionnels. S'estimant contraint de plier bagage après deux décennies de loyaux services sur une extension menacée par les « irresponsables » du secteur, notre homme a décidé de tout refondre. Au programme : migration vers une extension hexagonale et refonte totale du site aux couleurs de sa boisson favorite, le café.
Mais derrière cette façade de torréfacteur virtuel se cache un universitaire aux multiples casquettes. Entre ses recherches sur la sécurité émancipatrice au sein de l'équipe PASTIS, sa gestion de la licence informatique et ses interventions régulières pour régir les sons d'une compagnie théâtrale — parfois affublé d'une louche géante sur la tête, si l'on en croit ses archives photographiques —, l'homme ne manque pas d'occupations. Il revendique haut et fort ses sympathies pour l'anarcho-communisme, le syndicalisme révolutionnaire et la culture pirate, tout en décortiquant les limites bien réelles des blockchains.
Ce journal intime scientifique a de quoi faire sourire par sa franchise désarmante et son refus obstiné des logiques technologiques dominantes. On y découvre un espace personnel à l'ancienne, où l'on discute de cryptographie émancipatrice avec autant de sérieux que d'amour pour le hip-hop et les contraintes d'écriture. Une curiosité numérique saine, parfaitement ancrée dans le monde réel, qui prouve qu'on peut enseigner l'informatique tout en gardant une louche géante à portée de main.


