La métaphysique quantique selon Itinerarium Mentis
Un essai d'une densité intellectuelle rare, posted le 2 juin 2023, qui tente de réunir la logique intuitionniste, la physique quantique et une métaphysique processuelle. Le ton est extrêmement formel, presque hermétique.

Dans l'ombre des réseaux Tor, un site nommé Itinerarium Mentis diffuse un texte d'une complexité rare : un essai intitulé « A Summary of Current Speculations », daté du 2 juin 2023. L'auteur y défend l'idée que la logique intuitionniste — cette logique qui refuse le tiers exclu — pourrait être la seule capable de donner un sens cohérent à la mécanique quantique. Le texte, d'une abordabilité quasi nulle pour le commun des mortels, évoque des concepts comme les topos, les opérateurs de von Neumann, la « Bohrification » et la géométrie non commutative comme autant de briques pour construire une nouvelle ontologie de la réalité.
L'auteur, qui ne semble pas chercher d'audience mais plutôt écrire pour lui-même ou pour une poignée d'initiés maîtrisant la topologie, la théorie des catégories et la philosophie de la science, y traite la réalité comme un processus continu, généré par les observateurs. Les mesures ne révèleraient pas une réalité préexistante, mais la constitueraient. Derrière cette vision se profile l'ombre de Whitehead, dont la métaphysique processuelle est convoquée comme socle, et celle de Michael Dummett, dont la sémantique anti-réaliste impose une logique intuitionniste comme unique cadre viable.
Le texte avance que l'espace-temps ne serait pas un continuum de points, mais un intervalle cohérent, proche de la « duration » bergsonienne. Les singularités quantiques, les fractales et l'absence de chaos en régime quantique y sont interprétées comme des signatures d'une sémantique logique profondément différente de la nôtre. Même la théorie des cordes, les algèbres de von Neumann et la K-théorie sont mises au service d'une tentative désespérée : celle de montrer que la réalité émerge de structures mathématiques plus fondamentales.
Il est probable que ce texte ne soit jamais lu par plus de trois personnes. Pourtant, il persiste, fragile mais rigoureux, comme un vestige d'une pensée trop ambitieuse pour son époque. C'est là, peut-être, sa beauté : un projet intellectuel qui refuse de plier, même si personne ne le lit.

