La police de caractère qui terrorise les paranos du Tor Browser
Quand le choix d'une police de caractères se transforme en exercice de haute voltige sécuritaire. Une discussion kafkaïenne où l'anonymat prime sur l'esthétique.

Sur le forum officiel du projet Tor, un internaute Linuxien s'est récemment ému d'une terrible injustice visuelle : pourquoi diable son navigateur fétiche s'obstine-t-il à afficher des polices biscornues, dignes d'un roman de gare du XIXe siècle, là où son navigateur principal brille par un classicisme rassurant ? Une question simple, presque naïve, qui a immédiatement mis en branle la communauté des gardiens du temple de l'anonymat.
La réponse des experts n'a pas tardé à tomber, aussi froide qu'un serveur dans un bunker. Apparemment, Tor Browser se contrefout royalement de l'harmonie visuelle de votre système d'exploitation. Pour éviter que votre machine ne se distingue dans la grande foire du pistage en ligne, le navigateur embarque ses propres polices prédéfinies. Modifier ce fragile équilibre pour faire joli, c'est un peu comme porter un gilet fluo lors d'une mission d'infiltration : techniquement possible, mais suicidaire pour votre anonymat.
S'ensuit un échange savoureux où l'on discute de métriques de polices compatibles avec Microsoft, de l'ordre d'installation des navigateurs et de la terreur absolue du « fingerprinting ». Chaque tentative de l'utilisateur pour comprendre ce bug esthétique se heurte au mur infranchissable de la doctrine sécuritaire. Modifier les polices ? Malheur ! C'est offrir sur un plateau son empreinte numérique aux régies publicitaires et autres curieux de pacotille.
Finalement, après maintes péripéties techniques, un mystérieux réagencement du système d'exploitation et une réinstallation de rigueur ont réglé l'affaire, l'utilisateur signalant que tout est rentré dans l'ordre par magie. Une conclusion presque trop simple pour une communauté qui voyait déjà dans un simple crénage de lettre une menace existentielle pour la démocratie mondiale.


