Le bestiaire des bêtes qui n'existent pas mais qui font quand même couler de l'encre
Un catalogue de cryptozoologie juvénile s'étale sur Internet Archive pour recenser les créatures entre deux eaux. De quoi consoler ceux qui cherchent encore le yéti au fond de leur jardin.

Le Courrier de l'Oignon a fureté dans les réserves numériques pour y dénicher un véritable manuel de survie face au néant zoologique. L'ouvrage intitulé « Tales of the cryptids : mysterious creatures that may or may not exist », signé par Kelly Milner Halls et ses collaborateurs, s'expose sur Internet Archive dans une édition de 2006. Ce document de soixante-douze pages propose aux esprits curieux de se pencher sur ces animaux dont l'existence relève encore d'un acte de foi particulièrement optimiste.
Loin des sentiers battus de la biologie classique, la cryptozoologie y est présentée comme l'art d'étudier ce qui refuse obstinément de se laisser photographier. Aux côtés des incontournables stars locales que sont le Big Foot et le monstre du Loch Ness, le lecteur croise des spécimens un poil plus exotiques. Le Marozi kényan, l'Orang-pendek de Sumatra ou encore le Thylacine tasmanien viennent ainsi peupler ces pages avec toute la discrétion qui les caractérise dans la vraie vie.
Destiné initialement à un public jeune dès onze ans, cet inventaire de la faune fantôme rappelle fort heureusement que la Terre regorge encore d'espaces inexplorés, ou tout du moins de coins sombres où il est facile d'imaginer n'importe quoi. Les auteurs ont même pris le soin d'inclure des références bibliographiques, histoire de donner un vernis scientifique à des bêtes qui préfèrent manifestement rester incognito. Une lecture idéale pour les soirées pluvieuses où l'on se demande si le chat du voisin n'est pas, en réalité, un prédateur préhistorique inconnu des services vétérinaires.
Ce catalogue témoigne de la persistance de notre fascination pour les monstres discrets et les légendes qui refusent de mourir. Alors que le monde moderne peine à laisser le moindre recoin de mystère à nos GPS, savoir qu'un livre répertorie méthodiquement des créatures potentiellement absentes a de quoi réchauffer les cœurs cyniques. Après tout, il est rassurant de se dire que la science a encore des angles morts.


