Le bestiaire des yōkai s'invite au sous-sol des archives !
Un ouvrage académique sur les monstres japonais déniché dans les méandres du net. Quand la bureaucratie des esprits frappe à la porte de la bibliothèque universelle.

Amateurs de créatures fantastiques et de paperasse numérique, réjouissez-vous ! Nos pérégrinations sur le réseau des oignons nous ont menés vers une trouvaille des plus réjouissantes : une page d'archive dédiée à l'ouvrage universitaire de Michael Dylan Foster, sobrement intitulé « Pandemonium and parade : Japanese monsters and the culture of yōkai ». Publié par l'University of California Press, ce pavé de près de trois cents pages nous plonge tête la première dans l'histoire fascinante des monstres du folklore nippon. Une lecture idéale pour tromper l'ennui un dimanche de pluie tout en révisant ses classiques folkloriques.
Le site, qui ressemble à s'y méprendre à un portail d'archives bien sous tous rapports, liste avec un sérieux papaire les différentes sections du livre. On y croise ainsi l'introduction au bizarre, la science du loufoque avec l'électricité humaine, ou encore le musée du bizarre et la culture des yōkai à travers les âges. De quoi rassasier les esprits les plus curieux qui se demandaient si l'on pouvait croiser un esprit farceur entre deux requêtes chiffrées. Heureusement, point de sorcellerie maléfique ici, mais de la bonne vieille recherche anthropologique bien documentée.
Le Courrier de l'Oignon salue cette incursion académique dans un univers habituellement réservé aux amateurs de machinations obscures. Apparemment, même les spectres japonais ont droit à leur notice bibliographique normalisée et à un numéro ISBN en bonne et due forme. C'est tout de même rassurant de voir que la bureaucratie moderne s'étend jusqu'aux spectres folkloriques. De quoi donner envie de replonger dans les bestiaires d'antan, armé d'une solide tasse de thé et d'un navigateur parfaitement anonyme.


