Le blog minimaliste d'un hacker qui refuse tout travail illégal
Voici le refuge en ligne d'un développeur passionné qui revendique le sens originel du mot hacker. Une plongée fascinante dans une configuration informatique frôlant l'art contemporain.

Sur les réseaux obscurs où l'on croît ne croiser que des contrebandiers virtuels et des paranoïaques encagoulés, Le Courrier de l'Oignon a réussi l'exploit de tomber sur un spécimen rare : une page personnelle parfaitement honnête, illuminée par la lumière crue du logiciel libre. L'auteur des lieux, un certain Adam Mizerski, s'y présente d'emblée avec une franchise désarmante en précisant qu'il est un hacker « dans le sens originel du terme » et qu'il ne fera aucun travail illégal pour vous. Voilà qui a le mérite de clarifier les choses avant même d'ouvrir le code source.
Le site, d'une sobriété redoutable, se transforme rapidement en inventaire à la Prévert des obsessions techniques de son propriétaire. On y apprend que le bonhomme ne jure que par openSUSE, qu'il utilise le gestionnaire de fenêtres i3 couplé à KDE pour des raisons qui échapperont au commun des mortels, et qu'il code ses grands projets sous Emacs tandis que les petits passent par mcedit. Le clou du spectacle reste sans conteste le clavier ergonomique Kinesis Advantage 2 configuré en disposition Programmer Dvorak, un choix de vie qui laisse deviner des phalanges entraînées aux pires tortures syntaxiques.
La section biographique nous offre également une minute culturelle bienvenue en expliquant l'origine de son pseudonyme. « Etam » provient d'un livre de fables polonais, tout en sonnant exactement comme l'interjection familière qui traduit l'incrédulité ou le soupir dépité. Quant à son avatar, il est emprunté avec l'autorisation de l'auteur au vénérable webcomic VG Cats, prouvant que même les adeptes de la décentralisation et du Rust le plus pur gardent un pied nostalgique dans la culture web des années 2000.
Ce havre de paix numérique, qui promeut l'auto-hébergement et la vie privée sans sombrer dans le délire paranoïaque, fait figure d'exception rafraîchissante. On quitte cette vitrine de geek appliqué avec l'envie soudaine de tout formater pour réinstaller un gestionnaire de fenêtres en tile, tout en se disant que le réseau Tor abrite parfois des gens tout simplement occupés à configurer leur éditeur de texte.


