Le Chaos Communication Congress sans l'angoisse du clavier
Entre deux considérations sur les masques sanitaires et une opportunité de billet gratuit offert par une amie, un blogueur sous contrat s'apprête à braver le 39C3. Sans même éprouver une passion dévorante pour le toucher de clavier.

Sur un coin de blog hébergé dans les recoins chiffrés du réseau, la vie suit son cours avec une honnêteté rafraîchissante. L'auteur des lieux, tout en affichant un slogan provocateur en sous-titre, nous informe de sa prochaine excursion au fameux 39C3, le grand rassemblement annuel du Chaos Communication Congress. Mais point de fanatisme technologique aveugle ici : on y va d'abord pour écouter des conférences scientifiques, prêter main-forte en tant que bénévole, et accessoirement parce qu'une compagne de route disposait d'un ticket surnuméraire.
La question éthique et sanitaire de la bousculade humaine a pourtant longuement taraudé notre rédacteur. Entre la peur légitime de renifler la grippe d'autrui et la flemme assumée de tripoter frénétiquement des cartes mères pendant quatre jours, le cœur a longtemps balancé. Finalement, le pragmatisme l'emporte : puisque la manifestation affiche de toute façon complet, autant confier les places aux individus responsables qui masquent leur minois plutôt qu'aux inconscients. Une logique implacable qui frôle la haute diplomatie sanitaire.
Les pages annexes du site confirment un attachement viscéral au web d'antan, sans JavaScript superflu, doté d'une politique de liens permanents et d'une transparence absolue sur les licences. On y apprend comment s'abonner via de vieux flux RSS ou rejoindre un salon Matrix pour jaser entre gens de bonne compagnie. C'est du journalisme de comptoir numérique, propre, sans traceur publicitaire et furieusement nostalgique.
Reste désormais à souhaiter à notre voyageur une excellente session de sociabilité hors écran. S'il ne compte pas passer son temps les mains dans le cambouis informatique, il pourra toujours observer la faune locale tout en sirotant un thé bien chaud. C'est aussi cela, la grande messe du logiciel libre : savoir se déplacer juste pour le plaisir de dire bonjour aux copains du Fédiverse.


