Le grand musée de l'omniprésence numérique d'Etam Software
Pourquoi se contenter d'un simple site web quand on peut être absolument partout ? Découverte d'une vitrine numérique dispersée sur tous les réseaux possibles et imaginables.

Dans le vaste monde des réseaux d'anonymat et des protocoles alternatifs, certains développeurs cultivent l'art de la dispersion avec un brio remarquable. C'est le cas du site d'Etam Software, qui ne se contente pas d'une banale adresse en clair sur le Web traditionnel. Non, cet espace numérique a décidé de coloniser méthodiquement l'ensemble du cyberespace, s'installant confortablement sur le réseau Tor, mais aussi sur I2P, via le protocole IPFS avec et sans DNSlink, sur ENS, et même sur les terres nostalgiques de Hyphanet, l'ancien Freenet. Une telle omniprésence confère au projet des airs de forteresse imprenable ou de canular technologique, pourtant tout y est parfaitement fonctionnel.
Au-delà de cette impressionnante collection de portes d'entrée, la visite se poursuit par une plongée intime dans l'univers de son créateur. On y apprend notamment que le pseudonyme « Etam » trouve ses racines dans un livre de contes polonais, tout en clin d'œil involontaire à une célèbre interjection locale signifiant grosso modo « oh, tu blagues ». Côté matériel, l'artisan derrière ce projet ne fait pas dans la demi-mesure : openSUSE sur les machines, un environnement de bureau hybride combinant KDE et i3, le tout piloté à l'aide d'un clavier ergonomique Kinesis Advantage 2 configuré en disposition Programmer Dvorak. Un véritable manifeste pour l'optimisation geek qui forcerait presque le respect.
Le site propose également un journal de bord et quelques pages biographiques pour les curieux en quête de détails techniques. On navigue ainsi entre des choix d'infrastructure monumentaux et des préférences logicielles hautement spécifiques, comme l'utilisation indéfectible d'Emacs pour les grands projets et de mcedit pour les petites modifications. Cette vitrine atypique rappelle avec une pointe d'humour involontaire que l'informatique, pour certains, est avant tout un terrain de jeu où l'on déploie des cathédrales de complexité juste parce qu'on le peut. Une curiosité numérique saine, réjouissante et joliment excessive.


