Le journal de bord d'un irréductible Linuxien de Worms
Un passionné de Linux installé à Worms partage ses scripts, ses expérimentations météo et la vie de son incontournable stammtisch local. Plongée réjouissante dans un Internet artisanal qui sent bon le terminal et le code fait maison.

Sur le réseau Tor, on croise parfois des projets qui ont furieusement des airs de cartes postales échappées des années 2000. C'est le cas du site personnel de Stefan Höhn, un autodidacte assumé qui sévit depuis des décennies sous le pseudonyme de dewomser. Loin des algorithmes survoltrés des géants du net, l'auteur nous convie dans son antre numérique, sise à Worms, où le système d'exploitation manchot règne en maître absolu. Point de supercherie algorithmique ici, mais un bon vieux blog textuel, ancré dans le monde réel, où l'on cause de scripts Bash, de cartes Arduino et de petits ordinateurs Raspberry Pi.
Ce qui fait tout le charme de cette modeste vitrine en oignon, c'est ce sens du détail technique mêlé à une nonchalance toute germanique. On y apprend par exemple comment l'auteur récupère les données du service météorologique allemand pour les trriturer à coups de Gnuplot et de scripts Bash, ou encore comment il s'amuse à démonter les mécanismes de pistage en ligne. Un petit test interactif permet d'ailleurs de constater ce qu'un site web mal intentionné pourrait théoriquement savoir de votre navigateur – rassurons-nous, l'hôte assure qu'il ne garde rien pour lui. C'est du journalisme de proximité, version logicielle libre.
Mais le véritable point d'orgue de cette exploration réside dans la chronique de la vie locale. Stefan Höhn n'est pas qu'un ermite du code ; il anime aussi le stammtisch Linux de Worms, une noble assemblée qui se réunit régulièrement, tantôt dans un café, tantôt dans les locaux de la Hochschule locale. Entre deux articles sur l'élévation des niveaux d'eau des rivières Pfrimm et Eisbach, le site rappelle avec constance que l'informatique se vit aussi autour d'une table, entre gens de bonne compagnie. Une halte fraîcheur et rétro, parfaite pour souffler un peu loin des sirènes du cloud mondialisé.

