Le journal de bord d'un irréductible sous openSUSE
Bienvenue dans l'antre d'un passionné d'informatique qui documente ses bidouillages sous Linux avec une précision redoutable. Entre partitions XFS récalcitrantes et clins d'œil littéraires polonais, la sobriété numérique a trouvé son maître.

Dans les recoins paisibles du réseau onion, on ne croise pas que des mystères ésotériques ou des théories fumeuses. Parfois, le promeneur égaré tombe nez à nez avec un spécimen rare : un véritable blog technique personnel, rédigé à l'ancienne, sans fioriture marketing ni cookie traqueur. Etam Software nous ouvre ses archives pour nous rappeler qu'avant les flux infinis des réseaux sociaux, l'Internet servait principalement à partager des solutions pour faire fonctionner du matériel fatigué ou compiler des bibliothèques récalcitrantes. L'auteur y consigne ses victoires et ses sueurs froides informatiques, de la réduction de partitions XFS sur LVM au sauvetage héroïque d'un vénérable Nokia N900, en passant par la mise en place d'un cache Squid pour openSUSE.
Mais le véritable sel de cette page réside dans sa section biographique, véritable déclaration d'amour à l'ergonomie un brin maniaque. Apprenons ainsi que notre hôte pilote son environnement de bureau avec un mariage contre nature mais diablement efficace entre KDE et le gestionnaire de fenêtres en mosaïque i3, le tout commandé depuis un clavier ortholineaire Kinesis Advantage 2 configuré en Dvorak pour programmeurs. Pour les gros morceaux de code, on sort l'artillerie lourde avec Emacs ; pour les petites retouches, on se contente d'un modeste mcedit. C'est l'archétype même de la configuration de pûriste qui refuse le prêt-à-porter numérique.
L'origine du pseudonyme « Etam » vaut également son pesant de cacahuètes culturelles. Emprunté à un livre de fables polonais, il se trouve être l'homophone parfait d'une exclamation dubitative locale que l'on pourrait traduire par « tu blagues » ou « oh, et puis zut ». Quant à l'avatar félin, il plonge ses racines dans les strips humoristiques du webcomic VG Cats, dont l'auteur avait béni la libre réutilisation graphique au début des années 2000. Voilà donc un site web d'une banalité rafraîchissante, qui assume pleinement son côté artisan du Web et nous offre une bulle d'oxygène technique loin des algorithmes surchauffés de la modernité.

