Le protocole XMPP expliqué aux perdus du dark web
Le Courrier de l'Oignon plonge dans les arcanes de la messagerie instantanée décentralisée. Ou comment réinventer le fil à couper le beurre avec un protocole vénérable.

Dans les méandres obscurs du réseau aux oignons, on s'attend généralement à croiser des conspirations intergalactiques ou des marchands de chaussettes en poil de yack. Quelle ne fut pas notre surprise en découvrant un guide d'installation tout ce qu'il y a de plus sérieux pour XMPP, aussi connu sous le nom de Jabber. Cette relique numérique, qui a connu ses heures de gloire avant que les géants de la Silicon Valley ne décident de centraliser nos vies, s'offre une cure de jouvence sur un serveur onion.
Le site, qui ne manque pas d'air, compare l'adresse XMPP à une adresse email classique tout en rappelant les fondamentaux : pas besoin de numéro de téléphone pour s'inscrire, et il est possible de multiplier les comptes à l'infini dans une seule application. L'argumentaire marketing locale ne manque pas de sel, soulignant que ce protocole est utilisé tant par l'armée que par des individus louches, ce qui prouverait sa fiabilité. On apprécie la tentative de mise en confiance par le frisson du danger.
Le guide détaille ensuite avec une précision chirurgicale les trois étapes indispensables pour converser. D'abord, télécharger un client parmi une liste longue comme un jour sans pain selon votre système d'exploitation. Ensuite, créer un compte chez un fournisseur tiers, ou directement depuis l'application si l'envie vous prend. Enfin, ne surtout pas oublier d'ajouter son interlocuteur dans ses contacts avant de lui envoyer le moindre message, sous peine de crier dans le vide.
Le clou du spectacle réside dans l'invitation finale à tester le dispositif en envoyant un petit mot doux aux administrateurs, tout en précisant la provenance obscure de la découverte. Une initiative pédagogique rafraîchissante qui prouve que l'on peut chercher le grand frisson numérique et finir par installer un client de chat open source comme nos grands-parents au début des années 2000.


