Les as de la techno alternative n'attendent pas le grand soir pour mendier
Le célèbre collectif technologique propose de financer ses infrastructures militantes avec un pragmatisme financier rafraîchissant. Entre chèques postaux et pièces froissées, le militantisme 2.0 n'oublie jamais les bonnes vieilles méthodes.

Dans les recoins obscurs du réseau en oignon, certains luttent contre la surveillance généralisée avec l'arme la plus redoutable qui soit : un formulaire de don bien configuré. Le collectif Riseup, pionnier de l'hébergement sécurisé pour activistes fatigués des géants du net, expose au grand jour sa stratégie budgétaire. Loin des levées de fonds en capital-risque, l'organisation fonctionne à l'ancienne et compte sur la générosité de ses utilisateurs pour maintenir ses serveurs sous perfusion.
La grille tarifaire affichée ne manque pas de panache. Si les particuliers du Nord global sont invités à glisser quelques billets par mois, les structures dotées de listes de diffusion conséquentes sont priées de verser un pour cent de leur budget annuel. Le site précise même avec une candeur réjouissante qu'il accepte sans broncher les liasses de billets froissés envoyées par la poste. Une option idéale pour les paranos qui refusent de laisser traîner leur empreinte bancaire tout en soutenant l'infrastructure.
Pour les technophiles modernes moins enclins à manipuler du papier, les passerelles habituelles répondent à l'appel. Cartes bancaires, virements ou transferts en monnaies décentralisées s'accumulent sagement dans la corbeille de la non-lucrative. On apprend au passage que les chèques émis hors des États-Unis finiront leur course à la poubelle faute de personnel pour les encaisser. Comme quoi, même les samouraïs de l'anonymat numérique doivent plier face à la bureaucratie bancaire internationale.


