Les comptes de la liberté logicielle passés au crible
Le Courrier de l'Oignon a fouillé dans les archives financières de la Fondation pour le Logiciel Libre en Europe. Entre 2004 et 2011, découvrez où passaient exactement les deniers du logiciel libre.

Dans les recoins plus administratifs que mystérieux du réseau Tor, notre rédaction est tombée sur un trésor d'une grande sobriété : les bilans comptables de la Free Software Foundation Europe (FSFE) pour les années 2004 et 2011. Loin des frissons ésotériques habituels, ces tableaux de chiffres bruts offrent une plongée fascinante dans la vie de bureau d'une grande organisation militante du numérique, à une époque où le Web n'avait pas tout à fait la même mine.
En 2004, la structure affichait des comptes modestes mais rigoureux. Avec un total de recettes avoisinant les 80 857 euros, principalement alimenté par des dons et des transferts de sections nationales, la fondation faisait feu de tout bois. Les dépenses salariales pour quelques pionniers et un stagiaire représentaient la part belle du budget, suivies de près par de curieux frais de représentation et de logistique. On y apprend notamment le coût exact de l'achat de t-shirts, de pins et de matériel de salon pour faire mousser l'idéal du logiciel libre aux quatre coins de l'Europe.
Sept ans plus tard, en 2011, la machine a pris de l'ampleur. Les revenus bondissent à plus de 330 000 euros, portés par des dons plus généreux et des cotisations de soutien. Les dépenses se structurent autour de grandes missions : la sensibilisation du public, le travail juridique pointu pour défendre les formats ouverts, et l'infrastructure technique. C'est le genre de plongée dans les archives qui rappelle que même le combat pour la liberté numérique repose sur des lignes de comptes, des factures de téléphone et des honoraires de comptables.
Ce grand déballage comptable, tout ce qu'il y a de plus officiel et légal, nous offre une perspective rafraîchissante sur l'histoire administrative du Web. Pas de complot extraterrestre ni de société secrète ici, seulement la transparence assumée d'une organisation qui comptabilise le moindre centime de ses dons. À défaut de faire frissonner les amateurs de mystères, ces bilans rappellent que la transparence financière a aussi ses lettres de noblesse.

