Les comptes ouverts de la Free Software Foundation Europe
Le Courrier de l'Oignon plonge dans les finances de la Free Software Foundation Europe. De quoi admirer l'inflation du code libre en toute transparence.

Sur le réseau Tor, la transparence financière ne concerne pas seulement les pirates au grand cœur ou les marchands de chaussettes en alpaga. Parfois, on tombe sur des structures étonnamment conventionnelles qui étalent leurs comptes avec la précision d'un comptable suisse un lundi de rentrée fiscale. C'est le cas de la Free Software Foundation Europe, dont la page d'archives budgétaires détaille chaque euro rentré et sorti depuis l'aube du millénaire, exactement à partir de l'année 2001.
En remontant le fil des bilans, on assiste à une irrésistible métamorphose. En 2001, l'honorable organisation affichait des revenus modestes frôlant les 17 000 euros, une époque bénie où l'on finançait sans doute le militantisme à coup de quêtes de pièces jaunes et de câbles coaxiaux d'occasion. Vingt-trois ans plus tard, la machine s'est emballée : l'année 2024 affiche allègrement plus d'un million d'euros de recettes pour environ 984 000 euros de dépenses. Comme quoi, défendre la liberté du code informatique finit par rapporter plus que la vente de tasses à café siglées du manchot.
Le détail des anciennes années, comme ce curieux exercice 2012 où l'organisation affichait un léger déficit de près de 28 000 euros, offre un divertissement inattendu pour les passionnés de lignes comptables. On y apprend que les services payants et la vente de produits dérivés se disputaient les miettes face aux contributions des membres. Une plongée austère mais fascinante dans la plomberie financière d'un projet libre, prouvant qu'avant de libérer le monde numérique, il faut d'abord apprendre à tenir un grand livre de comptes sans se tromper d'une décimale.


