Les grands principes existentiels du collectif Riseup
Quand un collectif militant se prend un peu trop au sérieux, il nous livre une charte universelle où l'écologie flirte avec l'abolition des prisons. Une lecture idéale pour refondre le monde depuis son canapé.

Le vénérable collectif Riseup, figure de proue de l'hébergement militant et des services chiffrés depuis 1999, ne se contente pas de configurer des serveurs. Sur sa vitrine cachée au bout d'un oignon, l'organisation expose avec une minutie presque religieuse ses grands principes politiques pour fonder une société libre. De la démocratie participative à l'écologie décarbonée, chaque grand mot de la gauche alternative y trouve son quart d'heure de gloire textuelle.
On y apprend ainsi, non sans un certain vertige bureaucratique, que le travail y est valorisé de manière égale et que l'économie devrait idéalement placer les moyens de production entre les mains des peuples. Le tout est rédigé dans un style qui oscille entre le manifeste révolutionnaire et le manuel de bonne conduite pour coopérative bio, traduit en de multiples langues pour s'assurer que personne ne rate l'avènement de l'autonomie locale.
Évidemment, le lecteur cherchera en vain le mode d'emploi pour fabriquer une utopie fonctionnelle entre deux pannes de routeur. Mais le simple fait de voir un projet informatique s'élever avec autant de candeur contre les prisons et les toxines industrielles apporte une bouffée d'air frais, ou du moins un excellent sujet de discussion pour les soirées pluvieuses passées à auditer des certificats SSL.


