NixNet : quand un passionné finance seul son propre cloud libre
Le Courrier de l'Oignon a croisé le chemin de NixNet, une galaxie de services en libre accès hébergés entièrement sur les deniers d'un seul administrateur. De quoi redonner foi en un Web indépendant et un brin obsessionnel.

Sur le réseau Tor, les initiatives solitaires prennent parfois des proportions titanesques. Preuve en est avec NixNet, un projet mené tambour battant par un passionné répondant au doux pseudonyme d'Amolith. Loin des mastodontes de la tech centralisée, ce dernier met gracieusement à disposition du public une batterie complète d'outils libres et open source. On y trouve de quoi tailler le bout de gras sur Jabber, s'échanger des fichiers sans-gêne avec Linx, ou encore collaborer en temps réel sur des pads partagés. Bref, le couteau suisse idéal pour qui souhaite fuir les griffes des géants du net.
Ce qui force le respect — ou frôle l'héroïsme organisationnel —, c'est que toute cette infrastructure tourne sur des serveurs bien réels financés à 100 % de la poche de son créateur. Entre un serveur principal niché bien au chaud en Finlande, des services de visioconférence et des sauvegardes quotidiennes automatisées, l'administration de ce petit empire numérique demande une sacrée dose d'huile de coude. L'auteur précise même, non sans une pointe de pragmatisme, que son « bus factor » est de trois, assurant ainsi la survie de la bête en cas de mauvaise rencontre avec un autobus.
Au-delà de la prouesse technique, la démarche respire cet amour inconditionnel pour le logiciel libre qui a façonné les grandes heures d'Internet. Pas de cryptomonnaies douteuses acceptées ici pour boucler les fins de mois, l'artisan finance son idéal sur ses propres deniers tout en documentant ses choix techniques avec une transparence réjouissante. Une bulle d'air frais et de code propre, plantée au milieu d'un réseau souvent réputé pour ses recoins plus sombres, qui prouve qu'un seul humain motivé peut encore faire plier la complexité du Web moderne.


