Quadrivium : le carnet de bord d'un esprit entre mathématiques et mysticisme
Un site personnel au ton d’essayiste solitaire, mêlant physique quantique, théologie spéculative et musique algorithmique. Rédigé en anglais, il évoque un intellectualisme d’inspiration médiévale mis au service de la science moderne.

Dans l’ombre des réseaux Tor, là où les blogs personnels survivent encore entre les ruines du Web 1.0, le site Quadrivium – ou « Itinerarium Mentis », le voyage de l’esprit – propose une retraite intellectuelle hors du temps. Son auteur, signé « Gesang » (un pseudonyme qui évoque à la fois le chant et l’ange), y tient un carnet d’observations, de lectures et de spéculations philosophiques, où la physique quantique dialogue avec la cosmologie médiévale, et où la logique formelle épouse la poésie des nombres.
Le site est structuré comme un quadrivium médiéval revisité : le Trivium (logique, grammaire, rhétorique) et le Quadrivium (arithmétique, géométrie, astronomie, musique) sont déclinés en sections modernes : « PLFA: Naturals », « Rendering E8-Root Polytope », « Stochastic Music with Band-Pass Filters ». Les articles, datés de 2022 à 2024, sont denses, techniques, mais jamais froids. On y trouve des notes sur la théorie des catégories, des critiques de livres de mathématiques, des essais sur la « Cosmotheologie », et même des expériences de musique générée par des filtres passe-bande appliqués à des spectres d’émission de l’hydrogène.
Ce qui frappe, c’est le ton : un mélange de rigueur formelle et de mysticisme raisonné. L’auteur ne cherche pas à convaincre, mais à explorer. Il cite Lawvere, Martin-Löf, Lavis, Rodin, comme on cite des saints laïques. Il parle de « Roadmaps to Cosmogenesis » ou d’« Ontotheology » non pas comme de la fantaisie, mais comme des disciplines sérieuses, des chemins de pensée àarpenter. Même ses courts avis (« Short Reviews ») sont rédigés avec une conviction qui évoque les carnets de savants du XVIIe siècle.
Le site est minimaliste, en HTML brut, avec un design « light » qui rappelle les premiers sites académiques. Pas de publicité, pas de tracking, pas de réseaux sociaux intégrés. Juste un lien RSS, un canal CHAN pour les commentaires anonymes, et une page « Contact » où l’auteur invite aux discussions profondes, tout en avertissant qu’il n’accueille pas les égoïstes ou les bavards. Il accepte le cryptage PGP, le push anonyme via un service interne, et le XMPP pour les plus pressés.
En somme, Quadrivium est une curiosité rare : un espace de réflexion lente, hors du temps, où la science et la métaphysique se côtoient sans honte. C’est moins un site qu’un monument intellectuel, un vestige d’une forme d’érudition disparue, maintenant préservé dans l’anonymat de Tor. Un true « Itinerarium Mentis » pour ceux qui marchent encore.


