Quand Internet se découvre une nouvelle mythologie philippine en kit
Le Courrier de l'Oignon a déniché un grimoire numérique anonyme de quarante-huit pages, prêt à fonder une nouvelle foi cosmique entre deux scrolls. Entre divinités fluides et serpents lunaires, Internet n'a pas fini de réécrire l'histoire.

Amateurs de panthéons inédits et de récits épiques trouvés au fond d'un disque dur, réjouissez-vous. Notre infatigable radar des bas-fonds numériques a mis la main sur une curiosité textuelle de premier choix : « The Created World (Ang Likabutan) », une Écriture anonyme de quarante-huit pages qui redéfinit à elle seule la cosmologie insulaire. Publié dans les limbes d'Internet et s'appuyant sur des bases bien réelles, ce document se propose de fusionner la mythologie précoloniale des Philippines, les contes folkloriques locaux et une bonne dose de théologie spéculative. De quoi réveiller les vieilles divinités endormies sans même avoir à quitter sa chaise de bureau.
Divisé en deux parchemins distincts — sobrement baptisés « The Anito » et « The Maykapal » —, le texte ne fait pas les choses à moitié. Il nous entraîne dans un cycle épique monumental qui détaille la création du monde, le déclin moral de l'humanité et une promesse de renouveau cosmique. On y croise des figures hautes en couleur comme Bathala-Maykapal, le redoutable serpent Bakunawa qui passe son temps à essayer de dévorer la Lune, ou encore le héros culturel Sidapa Ipalaki. Le tout s'achève sur une pratique intrigante, le « jihading tantra », censée restaurer l'harmonie universelle entre l'homme, la nature et le divin. Rien que ça.
Loin d'être un simple feuillet perdu dans un recoin sombre, cet ouvrage de près de 110 mégaoctets est présenté par ses découvreurs comme le texte fondateur d'un nouveau mouvement religieux émergent, le « likabutanisme ». Entre manifeste écologique, parable climatique et réécriture décoloniale, le document séduit déjà les amateurs de littérature diasporique et de spiritualités alternatives. À mi-chemin entre le manifeste politique et la fantasy mythologique, voilà une lecture idéale pour les soirées où l'on se demande si le web ne serait pas, après tout, le plus grand générateur de cultes de l'histoire humaine.


