Quand la Free Software Foundation Europe comptait ses t-shirts en euros
Plongée dans les archives comptables de la Free Software Foundation Europe au début des années 2000. Une époque où un paquet de t-shirts et quelques livres suffisaient à faire tourner la machine.

Le Courrier de l'Oignon aime fouiller dans les tiroirs poussiéreux du web profond pour y dénicher des pépites d'un autre temps. Aujourd'hui, direction les archives financières de la Free Software Foundation Europe, qui nous offre une vue imprenable sur sa comptabilité des années 2001 et 2003. Oubliez les levées de fonds stratosphériques et les campagnes publicitaires à grand spectacle : on découvre ici une association aux débuts modestes, gérant ses deniers avec la minutie d'un épicier de village.
En 2001, la structure affichait ainsi des revenus totaux de 17 255,87 euros, dont une part non négligeable provenait de la vente de t-shirts, de pins et de babioles logotypées pour 2 370 euros. Côté dépenses, la rigueur était de mise : à peine 48 euros pour l'hébergement et la nourriture, et huit petits euros consacrés à l'achat de magazines et de livres. On imagine volontiers l'équipe se partageant un unique paquet de biscuits tout en débattant des subtilités de la licence publique générale GNU autour d'une pile de bouquins poussiéreux.
Deux ans plus tard, en 2003, la situation s'étoffe légèrement avec un budget frôlant les 60 000 euros, intégrant pour la première fois des remboursements de la Commission européenne et l'apparition de chapitres locaux en Italie. Les frais de personnel s'envolent à près de 38 860 euros, tandis que les dépenses de voyage atteignent 3 502 euros, prouvant que les militants bougeaient déjà leur bâton de pèlerin à travers le continent. Les frais juridiques, quant à eux, se stabilisent sagement autour de 175 euros.
Cette capsule temporelle numérique témoigne de l'évolution patiente d'une institution militante devenue incontournable dans le paysage du logiciel libre. Elle rappelle surtout qu'avant de peser dans les débats européens sur la souveraineté numérique, les défenseurs du code ouvert ont dû compter chaque centime de frais postaux et chaque note de papeterie. Une leçon de comptabilité transparente et nostalgique qui redonne presque envie de commander des badges en émail.


