Quand le chat hébergeur réclame sa croquette numérique
Le célèbre collectif militant Riseup détaille sa comptabilité en toute transparence. On y apprend notamment comment financer ses boîtes mail sans y laisser ses économies.

Sur le réseau Tor comme en surface, faire tourner des serveurs sécurisés pour militants et citoyens épris de vie privée coûte de l'argent. Le vénérable collectif Riseup l'a bien compris et expose sans détour sa politique de financement, basée sur la générosité de ses utilisateurs plutôt que sur la revente de données personnelles.
Pour les particuliers, la grille tarifaire ressemble à s'y méprendre à un abonnement Netflix solidaire, fixé entre cinq et quinze dollars par mois. Toutefois, le pragmatisme militant l'emporte : si vous vivez sous un régime de monnaie sous-estimée ou que vos finances font grise mine, l'accès reste totalement gratuit. En clair, les plus aisés épongent les factures des plus démunis dans un élan de fraternité numérique fort appréciable.
Quant aux organisations et associations abritant de larges listes de diffusion, le collectif se montre un brin plus exigeant. Il est suggéré de verser au moins un pour cent de leur budget annuel pour entretenir la machine. Une contribution proportionnelle qui évite aux petits collectifs de subvenir aux besoins des mastodontes de la contestation.
Entre deux explications sur les frais de virement bancaire et les chèques postaux américains, la page rappelle l'essentiel : les décisions financières se prennent de manière collégiale et consensuelle. Une belle leçon de gestion alternative, où l'on découvre que le militantisme en ligne s'accommode très bien d'un tableur Excel bien ordonné.


