Quand le « Deep Web » se met à diffuser des ambiances spatiales
Bienvenue sur une station de radio cachée qui se contente de relayer de la musique ambiante bien planante. Pas de complot intergalactique à l'horizon, juste de quoi bercer vos sessions de navigation.

Le monde interlope des profondeurs numériques regorge parfois de menaces obscures, de secrets d'État et de machinations diaboliques. Enfin, c'est ce que l'on aimerait croire avant de tomber sur des initiatives pour le moins inattendues. Un site sobrement baptisé « Deep Web Radio » propose ainsi aux explorateurs anonymes de s'enfoncer dans les méandres du protocole Tor... pour écouter de la musique électronique planante. Loin des frissons attendus, la seule menace ici réside dans l'endormissement profond face à tant de zénitude.
En décortiquant les flux proposés par la page, on découvre que l'administration du projet se fournit en grande partie chez des institutions bien connues du grand web clair, à l'instar du vénérable diffuseur SomaFM. Les auditeurs égarés peuvent ainsi s'abreuver de programmes aux noms évocateurs tels que « Deep Space One », « Drone Zone » ou encore « Groove Salad ». Avec un débit de 128 kbps et un compteur de spectateurs affichant fièrement zéro, l'ambiance intimiste est garantie pour les mélomanes en mal de solitude absolue.
L'interface, d'un modernisme vintage du plus bel effet, n'oublie pas les fondamentaux de l'époque dorée du web fixe : un livre d'or, des liens vers le réseau I2P, un canal IRC pour discuter entre passionnés de silence et, bien entendu, une adresse pour glisser quelques pièces en cryptomonnaie dans la sébile du DJ. Dirigée par un administrateur se dissimulant derrière le patronyme de Zoidberg, cette oasis sonore prouve avec brio que l'anonymat total sert parfois simplement à écouter des morceaux de Steve Roach en paix.
On saluera donc l'ambition monumentale de ce portail musical qui, au lieu de miner des données ou de vendre des secrets industriels, préfère soigner la tension artérielle des paranos du coin. Une belle preuve que les tréfonds du net savent aussi se montrer sous leur jour le plus cotonneux, loin des clichés hollywoodiens et des thrillers géopolitiques.


