Quand le design post-mortem se réveille à Montréal
Plongée au cœur d'une mystérieuse alliance montréalaise dédiée au design de la mort, entre traditions canadiennes oubliées et gestion très souple des contrats.

Sur le réseau Tor, les surprises prennent parfois des chemins inattendus, comme en témoigne cette halte inopinée auprès de l'Alliance of Necrodesigners of Montreal. Loin des sentiers battus de la modernité numérique, ce site nous initie à une discipline pour le moins singulière : le « nécrodesign ». Fondée en 2020 mais se réclamant d'une longue tradition canadienne débutée en 1799, cette structure affirme fièrement avoir fait de notre pays un leader international en la matière au cours du XIXe siècle, avant que le monde n'oublie manifestement cet art essentiel.
Sous la houlette de son fondateur Jacques Rameau, le groupe se définit avec une subtile nuance administrative : ni une entreprise capitaliste assoiffée de profit, ni une simple association à but non lucratif, mais plutôt une communauté dédiée au partage d'expériences autour de la « culture du nécro-traitement ». On y apprend avec un soulagement non dissimulé que l'organisation se montre particulièrement souple sur les conditions de résiliation, estimant que la rigidité nuit aux affaires. Une flexibilité fort appréciable lorsqu'il s'agit de repenser la décoration de sa dernière demeure ou d'optimiser ses processus thanatologiques dans la bonne humeur.
Le site, d'une sobriété visuelle remarquable, cultive le mystère tout en glissant quelques liens publicitaires pour le moins terre-à-terre sur le prix de l'argent métal ou l'exploitation minière. Entre art funéraire, blague conceptuelle et manifeste communautaire très sérieux, cette trouvaille nous rappelle que l'Internet clandestin sait parfois faire dans l'originalité macabre sans jamais se prendre trop au sérieux. De quoi envisager l'avenir avec une sérénité esthétique absolue.

