Quand le forum du Projet Tor cite par erreur ses vieux démons
Un internaute soucieux découvre avec effroi une clause de sous-traitance sur le forum du Projet Tor. Heureusement, le passé a parfois la mémoire courte.

Dans les méandres du forum officiel du Projet Tor, là où les âmes égarées viennent habituellement débattre de la pluie et du beau temps numérique, un usager particulièrement attentif a frôlé l'apoplexie. En épluchant la politique de confidentialité avec la rigueur d'un notaire tatillon, notre détective du dimanche est tombé sur une formulation pour le moins ambiguë concernant des « tiers de confiance » assistant le site dans ses opérations. Diable ! Le temple de l'anonymat en ligne aurait-il des petits secrets inavouables avec des régies publicitaires ? La question, posée avec un sérieux papal, mérite qu'on s'y attarde.
Précisant le fond de sa pensée, le requérant s'alarmait du sort réservé aux vénérables adresses IP des utilisateurs et des durées de rétention dignes de grands romans d'espionnage. À l'entendre, ces mystérieux partenaires extérieurs pourraient bien conserver des données bien au-delà des limites fixées par la décence commune. L'angoisse était palpable, le frisson d'un complot corporatif flottait dans l'air virtuel, et l'on s'attendait presque à voir surgir des hommes en noir armés de cookies traceurs.
La réponse, venue calmer les ardeurs de notre enquêteur zélé, n'a pourtant pas manqué de sel. Un contributeur bien informé a simplement rappelé un détail technique mineur : la fameuse politique de confidentialité était tout bonnement obsolète, récupérée d'une ancienne époque où le forum était hébergé par des prestataires extérieurs. Depuis lors, l'équipe d'administration du Projet Tor gère le bébé elle-même, en autarcie complète. Autrement dit, le fantôme menaçant n'était qu'un vieux bout de texte oublié dans un coin.
Voilà donc une tempête dans un verre d'eau résolue avec l'efficacité d'un coup de balai numérique. On applaudira la vigilance de l'internaute, toujours prêt à débusquer l'incohérence bureaucratique là où elle se cache, tout en constatant qu'un simple copier-coller de vieux formulaires suffit parfois à réveiller les paranoïas les plus délicieuses du web.


