Quand les bots de Go apprivoisaient l'an 2008
Plongée nostalgique dans les notes de mise à jour d'un développeur de 2008, entre serveurs Python et affrontements épiques de robots au jeu de Go. Une capsule temporelle délicieusement rétro qui sent bon le code artisanal.

Le Courrier de l'Oignon aime parfois fouiller dans les vieux grimoires du Web pour y exhumer des vestiges d'une époque où l'Internet murmurait encore en composant son numéro d'accès. Cette semaine, notre quête nous a menés sur une page personnelle tout droit sortie de mai 2008, intitulée sobrement « Oldnews ». On y découvre l'avancée minutieuse des travaux d'un développeur passionné, affairé à stabiliser son serveur et à corriger la fâcheuse tendance de ses robots domestiques à décrocher en plein milieu d'une partie.
L'attraction principale de ce journal de bord numérique réside dans l'organisation d'un tournoi de jeu de Go entre intelligences artificielles rudimentaires. Équipés de scripts Python et de protocoles GTP pour faire dialoguer les moteurs, les concepteurs célébraient alors l'arrivée de la version 0.2 de leur logiciel. Entre le « Random Bot » de service et le portage d'Amigo, les machines s'affrontaient sous le regard bienveillant de leur créateur, prêts à dégainer GnuGo en cas de combattant un peu trop affûté. Une époque bénie où l'on créait des serveurs pour le simple plaisir de voir deux scripts poser des pierres virtuelles sur un damier.
Au-delà de la simple chronique ludique, la consultation des archives du même auteur dévoile une frise chronologique vertigineuse s'étalant sur plus de deux décennies. On y croise pêle-mêle des moteurs de jeux en Lisp, des expériences de processeurs P2P en JavaScript dès 2010, et des contributions plus récentes à des projets emblématiques de messagerie chiffrée. Comme quoi, les bidouilleurs de talent ne naissent pas de la dernière pluie de pixels, ils polissent leur ligne de commande depuis que les modems font du bruit.
Cette trouvaille nous rappelle que l'histoire du Web ne s'écrit pas seulement dans les rapports de Silicon Valley, mais aussi dans ces pages HTML minimalistes où un développeur solitaire consigne, entre deux lignes de code, la fierté d'avoir fait fonctionner un bot un mardi à trois heures du matin. Le Courrier de l'Oignon salue cette persistance numérique et retourne ranger ses disquettes dans la naphtaline.


