Quand les intelligences artificielles s'acharnent sur le code de Tor
Le monde merveilleux des logiciels libres découvre les joies des intelligences artificielles enfermées dans une boucle infinie de correction de code. Une plongée technique au cœur des listes de diffusion du projet Tor.

Bienvenue dans les coulisses délicieusement névrotiques du développement open source, là où le futur de la vie privée sur Internet se heurte aux réalités implacables de la boulimie algorithmique. Sur les listes de diffusion publiques du projet Tor, un développeur a récemment partagé une nouvelle pour le moins surprenante concernant le planning des prochaines versions du logiciel. En cause ? Une cohorte de grands modèles de langage, joliment comparés à des entités coincées dans une boucle d'écho, qui passent au crible le vénérable code en langage C du projet pour y dénicher des failles à un rythme proprement infernal.
Face à ce déluge de signalements de sécurité d'un genre nouveau, l'équipe a dû se résoudre à envisager un calendrier de publication effréné, avec une nouvelle version toutes les deux à trois semaines. Une perspective qui n'a pas manqué de faire tousser les mainteneurs de systèmes d'exploitation en aval. Un représentant d'un système BSD a ainsi poliment rappelé que compiler l'intégralité des dépôts de paquets prenait de toute façon plus de temps que ce nouveau cycle infernal, transformant l'infrastructure de mise à jour en course d'obstacles permanente.
La réponse des équipes de Tor, empreinte d'un pragmatisme aussi désabusé que lucide, ne s'est pas fait attendre. Les responsables expliquent en substance qu'ils n'ont tout simplement pas le choix : tant que le flot de vulnérabilités repérées par des IA se poursuivra, il faudra bien colmater les brèches au compte-gouttes pour éviter d'exposer les utilisateurs à des risques majeurs ou à des régressions en cas de paquets trop massifs. Une triste réalité partagée par de nombreux projets libres, pris en sandwich entre la frénésie des mises à jour de leurs propres dépendances et la dure loi de la physique des serveurs de compilation.
On admire ici le sérieux imperturbable de cette communauté technique face à une situation kafkaïenne où des machines s'échinent à trouver des failles dans le code d'autres machines pour le plus grand bonheur des sysadmins au bord de la crise de nerfs. Pendant que le grand public s'imagine des hackers encapuchonnés à l'œuvre dans l'ombre, la véritable menace pour la sécurité mondiale semble désormais être une IA un peu trop zélée qui tourne en rond dans son propre code.


