Quand les militants du Net rédigent leur constitution galactique
Plongée dans la charte idéologique de Riseup, où l'on apprend que la gestion d'une messagerie alternative peut facilement rivaliser avec un traité de paix de l'ONU.

Le Courrier de l'Oignon a jeté un œil inquisiteur dans la salle des machines textuelle de Riseup, le célèbre collectif militant en ligne actif depuis 1999. Loin des frissons interlopes que certains fantasment derrière l'anonymat des réseaux cachés, on y découvre un manifeste politique d'une rigueur quasi monacale. Ici, pas de prophétie de fin du monde ni de complot intergalactique, mais une liste de dix principes fondamentaux qui feraient pâlir d'envie n'importe quel rédacteur de constitution.
Le texte égrène ainsi les grands idéaux de la maison : démocratie participative, égalité stricte, sécurité de base, et même écologie exempte de toxines industrielles. On y apprend avec une pointe de fascination que chaque travail doit y être valorisé de la même manière et que les systèmes de justice doivent privilégier la résolution à la vengeance. Une vision idyllique et un brin ambitieuse pour des tuyaux numériques souvent habitués aux soubresauts du trafic mondial.
Le collectif ne s'arrête pas en bon chemin et détaille également ses archives de bulletins d'information s'étirant vaillamment année après année. C'est le charme irrésistible de ces îlots du Web persistant, où l'on prend le temps d'exposer noir sur blanc sa philosophie de l'interdépendance et de l'autogestion. Un brin utopique, certes, mais diablement rafraîchissant à l'heure où les algorithmes commerciaux dictent la cadence du reste d'Internet.

