Quand les Phéniciens fondaient l'écossais au soleil couchant
Plongée vertigineuse dans un grimoire de 1924 qui démontre, inscriptions phéniciennes à l'appui, que nos ancêtres étaient en fait de grands voyageurs orientaux. Une théorie archéologique délicatement perchée que l'Internet Archive conserve précieusement.

Le Courrier de l'Oignon aime parfois fouiller dans les cartons poussiéreux du passé pour y dénicher des pépites géologiques de la pensée humaine. Cette semaine, c'est un authentique spécimen de monographie historique de 1924, signé par Laurence Austine Waddell et sagement hébergé par Internet Archive, qui a retenu toute notre attention. Intitulé avec modestie « L'origine phénicienne des Britanniques, des Écossais et des Anglo-Saxons », l'ouvrage nous promet ni plus ni moins de réécrire l'histoire des Îles britanniques grâce à des inscriptions sumériennes et phéniciennes.
L'auteur y développe une fascinante triptyque théorique où les fiers ancêtres de nos voisins d'outre-Manche descendraient directement de navigateurs phéniciens et hittites. Le lecteur curieux pourra ainsi apprendre, entre deux chapitres consacrés à la pierre de Newton et au culte du dieu Soleil Bel, que le terme « Briton » proviendrait directement d'une subtile contraction tribale. Le tout est assaisonné d'un avertissement de l'uploader qui jure ses grands grands dieux n'avoir aucun lien avec les mouvements mystiques ou politiques de l'époque.
Feuilleter cette relique de 489 mégaoctets procure un délicieux vertige rétro. On y croise pêle-mêle des rois scots, des nains matriarches de l'âge de pierre et des listes de divinités mésopotamiennes, le tout présenté avec le sérieux papal propre aux érudits indépendants du début du vingtième siècle. Une lecture idéale pour vos soirées de pluie, si vous cherchez à comprendre pourquoi Stonehenge aurait un petit air de Syrie antique.


