Quand un vieux moteur de synthèse vocale refait surface sans bafouiller
Un développeur a compilé sans encombre un logiciel vieux de treize ans pour épeler les codes fiscaux en audio. Une relique numérique pleine de charme et de nostalgie binaire.

Dans les recoins du Web que l'on arpète parfois avec une tasse de café tiède, on tombe parfois sur des projets de brico-informatique aussi improbables qu'attendrissants. Sur son carnet de bord en ligne, un passionné de technique a récemment partagé une trouvaille sonore pour le moins singulière : un alphabet téléphonique entièrement synthétisé par une version antédiluvienne du moteur vocal FLite. L'auteur, cherchant à concevoir un système audio pour des CAPTCHA plus accessibles aux oreilles italophones, s'est retrouvé face à un défi technique inattendu : faire tourner du code poussiéreux sur du matériel moderne.
Contre toute attente, le vénérable compilateur GCC 6 a avalé sans broncher ce vénérable logiciel de treize ans d'âge, prouvant que le bon vieux code ne meurt jamais vraiment, il prend juste la poussière dans un placard virtuel. Faute de pouvoir polir les aspérités de la voix robotique générée, les fichiers audio bruts ont directement été versés dans le domaine public via une licence Creative Commons. On y découvre des samples au format WAV qui rappellent immédiatement ces heures bénies où la synthèse vocale s'exprimait avec le charme cassant d'un robot enrhumé.
Le site en question ne se résume d'ailleurs pas à cette seule capsule temporelle auditive. Entre deux péripéties sur des cartes Wi-Fi récalcitrantes et des migrations de serveurs sous Debian, ce journal de bord s'apparente à une chronique de la débrouillardise informatique quotidienne. Pas le moindre artifice marketing ni de promesse révolutionnaire ici, juste le plaisir un peu geek de faire fonctionner ensemble des composants qui n'auraient jamais dû se croiser. Une lecture parfaite pour tous ceux qui regrettent le temps où l'on patchait son noyau à la lueur d'une loupiote de BIOS.


